vendredi, mars 14 2014

Sortie du livre " La Cissexualité ce douloureux problème"

Sortie du livre " La Cissexualité ce douloureux problème"

Après quelques péripéties, beaucoup de galères en toutes genres (qui ne sont pas terminées) et grâce au soutien des souscriptricEs, le livre:

" La cissexualité, ce douloureux problème : quand les minorités viennent nommer et questionner la norme ",

est enfin dans les bacs !

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INFOS:

  • Le prix de ce livre auto-édité à 150 exemplaires (il en reste environ 70), est de 16€.

  • 155 exemplaires avec quelques défauts de couleur seront vendus au prix de 5€ réservés prioritairement aux personnes sans ressources, précaires... et circuleront vraisemblablement via des infokiosks dans des festivals D.I.Y, squatts et autres lieux alternatifs...

  • Des soirées de présentation du livre seront organisées prochainement sur Marseille et aux alentours.

    Si vous souhaitez que je vienne présenter ce travail, vous pouvez me contacter à l'adresse mail suivante : naiel.lemoine[at]gmail.com

  • Je peux également me déplacer avec l'exposition qui se trouve ici :

    http://naiel7.wix.com/naiel#!la-cissexualite-/c199t

samedi, octobre 19 2013

tournée king's queert art collection cover le 15/10/2013 à l'ISBA Besancon

tournée king's queert art collection cover le 15/10/2013  à l'ISBA Besancon:

Ma contribution ici:

extrait du blog de Remy LUcas: videos et images ici:

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 Amours
 et Révoltes ! »

Derrière cet hymne se trouve le duo électro-punk King's Queer, qui nous présente cette semaine son projet « Special Cover Collection » à l'ISBA. 

Photo

Les King's Queer puisent depuis toujours leur inspiration dans la littérature mais aussi dans la peinture, le graphisme, la photographie... Alors, en guise d'hommage et par amour du partage ils ont proposé de mettre à disposition 30 pochettes de leur vinyle « Amours et Révoltes » au recto vierge à des artistes renommés dont ils apprécient le travail.

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Les pochettes sont visibles à l'ISBA, 12 rue Denis Papin à Besançon.

Et pour respecter la tradition, l'exposition fut inaugurée par un vernissage… qui fut coloré et détonant !

Après une intervention passionnante de Laurent Devèze sur ce qui se cache derrière une pochette de disque, les King's Queer nous ont offert quelques chansons accompagnées de plusieursperformances artistiques jouées par les étudiants de l'ISBA et la troupe Lez Appétissantes.

A la fois surprenant, engagé, drôle, dansant, sympathique et provocateur, le spectacle avait ce quelque chose de vivifiant que l'on trouve dans l'atmosphère des révolutions qui commencent.

Comme l'a dit Laurent Devèze, « Amours et révoltes !, on n'a rien vu d'aussi fort depuis amour et anarchie !scandé en mai 68 »

Cette vivacité d'esprit a une résonnance particulière aujourd'hui, après la vague de protestation anti mariage gay qui laisse craindre un coup d'arrêt à toute réflexion future sur l'évolution des mœurs.

Après ce moment fort, le public a pu découvrir en détail chaque pochette de disque, mais aussi une performance vidéo retransmise depuis le Japon et une sélection de livres sur la musique.

Photo

Le lendemain, les King's Queer ont donné un concert au bar Ze Muzic'All

vendredi, mars 1 2013

Têtu, article: Ni fille , ni garçon, ils sont de genre inconnu

http://www.tetu.com/2013/03/07/news/ni-fille-ni-garcon-ils-sont-de-genre-inconnu/

Ni fille, ni garçon, ils sont «de genre inconnu»

«C’est une fille ou un garçon?» demande-t-on toujours à la naissance. Pourtant, il arrive que certains ne se reconnaissent dans aucune de ces deux catégories. Pour TÊTUE, ils témoignent.

La langue française s’accordant soit au masculin, soit au féminin, nous avons utilisé les pronoms choisis par nos interlocuteurs. Dans leur citation, nous respectons leur demande de « neutralité », en écrivant, par exemple, « étonnéE » ou « étonné.e ».

Vincent «cherche l’embrouille», selon son expression. Crâne rasé, chemise bien boutonnée, il sème le doute (photo ci-dessus). Autour de lui, les gens s’interrogent, est-ce un homme, une femme? Né, ou «assigné» fille, il se définit aujourd’hui comme FtU, ou «female to unknown», de femme vers inconnu. Pas vraiment fille, mais pas garçon non plus, et vice-versa, il fait partie de ces «agenres» qui veulent se détacher de ces étiquettes qui ne leur correspondent pas. Si le mouvement transgenre a pu bénéficier de la visibilité médiatique de certains trans tels que Chaz Bono, Lana Wachowski, il ne faudrait pas oublier ceux qui décident de… ne pas décider.

L’importance d’internet
Co-fondateur du Gat, organisation à quatre têtes trans aux actions perçues comme radicales, et aujourd’hui dissoute, Vincent se questionne sur son genre dès l’adolescence, bien avant de s’interroger sur son orientation sexuelle. Binder dès 13 ans, il veut alors devenir un homme et fréquente les milieux trans. « »Butch » ne me plaisait pas, je ne me reconnaissais pas en elles, et être trans m’a fait trop peur» explique-t-il. Ceux qu’il côtoyait reproduisaient une forme de division hommes/femmes. «Je croyais que transitionner allait m’ouvrir des perspectives, mais passer de fille à garçon, c’était remplacer une aliénation par une autre», raconte-t-il aujourd’hui, en ayant à cœur de préciser qu’il respecte tout à fait le positionnement de ceux qui choisissent de passer d’un genre à l’autre.

Pour Vincent comme pour d’autres FtU, la démocratisation d’internet dans les années 2000, l’arrivée du mouvement queer en France et la création d’assos trans ont été salvateurs. Quand Lô (photo ci-dessous), 23 ans, commence à aller dans des ateliers autour de la transidentité à Rennes, en les découvrant par hasard sur le net, les «unknowns» étaient un sujet peu connu. Ce qui l’a aidé, c’est d’écrire dans son blog, créé en août 2011. Avec ce journal «extime», où l’on suit le cheminement de sa pensée, il sent qu’il n’est pas tout seul, que d’autres se questionnent aussi. C’est un moyen de se réinventer aussi, d’être enfin celui qu’il veut être. Sur le net, Lô a pu cocher en toute liberté la case «M» sur son profil de blog – à défaut d’un autre choix – et n’a eu aucun problème à faire accepter son nouveau prénom Lô, qui est un prénom suédois et… neutre.

«Je ne suis pas une fille»
Etre non-genré, ça veut dire quoi pour lui? «Je dirais que c’est quelqu’un qui se sent détaché des questions de société qui ne reposent que sur la bipolarité homme/femme. Ça me passe au-dessus, ce sont des propos qui n’ont aucune légitimité.» Comme un spectateur dans un monde dont il se sent exclu. C’est seulement au printemps dernier qu’il a réussi à mettre des mots sur son ressenti. A l’adolescence, il s’est d’abord défini comme lesbienne. «J’étais perturbé quand j’ai su que je préférais les filles, je me suis dit que c’était juste une orientation sexuelle, sans chercher à comprendre mon mal-être inqualifiable». Mais finalement, le fait de se dire «je ne suis pas une fille» a été facile pour lui.

Enfant déjà, il parlait de lui au masculin sans s’en rendre compte avant qu’un prof de français ne le pousse à se corriger. «C’est après que ça se complique», se souvient celui qui compare le fait de vouloir vivre dans monde sans pression de genre à celui de vouloir vivre sans religion à une époque où être athée était inconcevable. «Je rejetais une certaine vision de la féminité, je n’avais pas envie d’être  »élégante », de porter des jupes, je me réfugiais derrière les survêts’, se souvient-il. Maintenant j’accepte beaucoup plus ma part féminine. Je n’ai jamais porté autant de talons que depuis que je me définis comme FtU. Ça dédiabolise les genres.» Aujourd’hui, dans les magasins, il se balade autant dans les rayons homme que femme.

Coquetterie et stars de la K Pop
C’est la découverte d’un univers plutôt particulier qui l’a aidé à s’accepter, et à se réinventer: celui de la KPop, ou pop coréenne pour les novices. Véritable sous-culture en Asie, cette musique a beaucoup d’adeptes aussi en France. Les boys bands asiatiques y affichent une masculinité très différente de celle commune en Occident: les hommes n’hésitent pas à se laisser pousser les cheveux, à se maquiller ou à porter des vêtements cintrés.

Lô a été plus que séduit par cet univers. «Là-bas, il n’y a pas les même stéréotypes masculins qu’ici. C’est l’image de la masculinité que je me projette moi, que je préfère. Autant dans le physique que dans le comportement. Ils ne sont pas bodybuildés mais imberbes, propres sur eux.» Selon lui, si la société coréenne reste très binaire, dans la jeune génération, les garçons peuvent se permettre plus de coquetterie. Quelles stars de la K Pop aime-t-il plus particulièrement? «G Dragon, un grand chanteur coréen, ou Ren des Nu’EST, ils représentent l’androgynie pure. Une telle liberté… c’est une chance!»

«On a un problème sémantique!»
La maîtrise du langage est une donnée essentielle de la subversion de genre, et se «nommer» comme on l’entend, la première action politique. Bigenre, queer, trans, genderbenders… Le mouvement queer n’est pas avare de mots et c’est cette profusion qui exprime au mieux cette volonté de ne rien figer, d’être en mouvement permanent.

«On a un problème sémantique!», sourit Aurélie.n, étudiant à Sciences-Po Paris, qui préfère écrire son nom de cette manière pour qu’on puisse le lire au féminin comme au masculin. A l’écrit, comme bien des agenres, il accorde ses phrases au «neutre» en utilisant le même procédé. «Je pourrais dire que je suis agenre. Ou plutôt transqueer.» Mais à vrai dire, ça lui est égal… «La revendication est déjà assez forte en elle-même. Je me décris plus que je me nomme.»


«Injonction à se genrer»
Naïel, photographe, a choisi «FtU». «Ce qui m’intéressait dans cet anglicisme, c’était de montrer l’assignation forcée à un sexe/genre à la naissance, et l’injonction à se genrer qui la précède, et le mouvement vers un devenir… sans point fixe à atteindre, car je ne connais pas ce point et que nous sommes en permanence en changement.»

Et son prénom? «Il est le fruit de la contraction de Nat-il/el. C’est un prénom construit, politique et choisi, comme peut l’être cette foutue binarité des sexes et des genres que l’on pense « naturelle » et qui régit notre société. Il n’y a pas de nature dans ce système binaire, seulement des constructions sociales, politiques, culturelles… qui divisent en deux l’humanité afin de légitimer l’hétérosexualité obligatoire, et donc le sexisme l’oppression d’une catégorie par une autre, les normes… et toutes les discriminations et violences qui s’exercent sur des personnes ditEs A/NormalEs», s’énerve-t-Naïel, qui tient à utiliser un E majuscule pour que les mots soient dégenrés. Contrer ce système binaire, c’est aussi choisir d’utiliser «yel» et non «il» ou «elle» pour parler de soi.

Quels pronoms?
D’autres n’optent pas pour des prénoms neutres. C’est le cas de Vincent, qui, en choisissant ce prénom, se libère d’une double pression, celle qu’un prénom féminin induit et celle de son origine asiatique. Un moyen aussi d’incarner visuellement cette mise au bûcher du genre: sur sa carte d’identité s’affiche fièrement «Vincent, sexe: F». Et si certains accordent leur vie au masculin, en utilisant le pronom «il» pour parler de soi, c’est «par défaut» dit Lô, parce que dans la langue et la société françaises actuelles, il renvoie toujours au neutre. «A la poste, quand on me dit « bonjour madame », je ne peux pas les reprendre, et dire « non, Monsieur », ce serait faux et difficile à demander vu mon passing (chez les trans, le fait d’être perçu comme appartenant au genre auquel ils s’identifient, ndlr) actuel. J’aimerais dire « un bonjour suffit »», dit-il.

Là où la langue bute, Justin Vivian Bond l’a contournée. Cet artiste américain aperçu dans l’étonnant film Shortbus a choisi une autre voie, celle de la lettre «v» (prononcer «vi» en anglais), à la place de «il » ou «elle». Le «v» donc «illustre visuellement la position de mon genre, à savoir deux côtés égaux qui se rejoignent au milieu».


Réinventer les corps
Comme ils réinventent la grammaire, les queers, et ici les unknowns, réinventent le corps, qui devient un «laboratoire de la réalité», comme dirait Beatriz Preciado dans Testo Junkie. L’objectif de Lô: des hormones, une mastectomie et une hystérectomie. En attendant, il porte des binders. «Je me vois mal comme ça toute ma vie, avec cette répartition des graisses. Ce n’est pas pour autant que je veux un corps d’homme stéréotypé, j’ai une autre vision de la masculinité et certains aspects de mon idéal ne sont possible qu’avec la testostérone.» Et s’il avait une baguette magique, choisirait-il un corps tout à fait masculin? «Je m’en fous royalement, je ne ferai pas de parcours de transition classique. Comme la place du masculin dans la société me correspond plus que celle du féminin, parce qu’il faut bien choisir, je transitionne. Mais la phalloplastie et la métaidoplastie ne m’intéressent pas car elles sont beaucoup trop intimes et inutiles pour moi», affirme-t-il.

«L’androgynie est la maison que j’ai choisi», explique Vincent, qui a lui-même pris des hormones et effectué une torsoplastie. Il avait besoin d’incarner sur le plan chimique et biologique cette discordance. Car «Frankenstein est palpable» dit-il, revendiquant cette figure du monstre, du «freak», créé par l’homme. «La société m’a crééE, elle a créé tous les rejetons, les trans, les intersexes. Ils n’ont pas de places alors ils créent les identités multiples, des territoires de résistance. C’est formidable! Je me ferais chier si je n’étais pas trans…»

Voyage initiatique à San Francisco
Aurélie.n, lui, n’a pas tenté d’avoir une apparence androgyne. Entre sa coupe courte et ses habits masculins, de prime abord rien ne semble présager qu’il se questionne sur son genre. «J’ai un corps biologiquement masculin, qui me plait et me convient, mais je suis socialement considéré.e comme une femme. Je me vois à la fois comme un peu homme et un peu femme, je ne me pose pas souvent la question… Ce qui est fou, c’est que les autres disent, « tu es une vraie femme, regarde comme tu marches »», souligne-t-il. Ni homme, ni femme, il vogue confortablement quelque part entre les deux. «Je ne me retrouve pas dans la mode gay, l’importance des corps sculptés qui témoigne d’une certaine homonormativité. Je n’y retrouve pas la diversité, les corps plus pulpeux comme le mien. Quand tu es très différent, trop vieux ou trop gros, tu es exclu de cet univers-là.»

C’est à San Francisco, lieu de toutes les subversions queer, qu’il est passé d’un militantisme gay «classique» à d’autres réflexions identitaires. «J’y ai rencontré des gens qui revendiquaient deux genres, ou pas de genre du tout: toute une galaxie de constructions identitaires», raconte-t-il. De quoi faire réfléchir et donner des «clés d’interprétation» à celui qui avait du mal à trouver sa place plus jeune. «J’étais exclu.e du groupe des garçons. Je n’aimais pas le foot, pas la bagarre, je n’étais pas assez garçon. On me traitait de gay alors que je ne me considérais même pas encore comme tel. Et j’étais tout aussi exclu.e des groupes de filles, qui en arrivaient toujours à avoir des « secrets de filles »», se souvient-il. Si aujourd’hui il est à l’aise avec son (non)genre, il ne s’interdit rien: demain il pourrait se penser garçon, ou fille, ou… La grande leçon des agenres, c’est que l’identité n’est jamais figée.

Photo Naïel: Naïel.
Photos: DR.

vendredi, septembre 7 2012

interview pour L'observatoire des transidentités aout 2012 / parution septembre 2012

ossier queer arts : observatoire des transidentités aout/sept 2012

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lundi, mai 23 2011

illustration de la brochure du DTC fait Par Asso Outrans sortie en belgique par l'association Asso Exaequo

illustration de la brochure du DTC fait Par Asso Outrans sortie en belgique par l'association Asso Exaequo

 photo de décembre 2007

Brochure de prévention pour les personnes transgenres
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http://www.exaequo.be/fr/publications_et_campagnes/2010/

Cette brochure répond à une carence en la matière. En effet, il n’existe quasi pas d’études sur les « Connaissances et comportements des Trans’ face au Sida » et sur la prévention VIH/IST auprès de ce public. Le public trans et trans-friendly s’est consacré prioritairement aux questions législatives et médicales les concernant (dé-psychiatrisation de la transsexualité et du transgendrisme, facilitation du changement de la mention du sexe sur les documents officiels/administratifs, lutte contre les discriminations, etc.). La question des IST et du Sida a longtemps été ignorer et par les associations trans et par les associations Sida.

Or, le corps trans’ possède ses propres caractéristiques et il est donc nécessaire de développer des outils de prévention adaptés qui prennent en compte à la fois la réalité biologique et la réalité des pratiques sexuelles et pratiques spécifiques (hormonothérapies).

Cette brochure se veut non binaire et adaptée au vocabulaire, aux besoins et aux pratiques sexuelles des FtM. Actuellement, les réalités entre FtM et MtF sont très différentes tant au niveau du corps que du type de pratiques et du type de partenaires. C’est pourquoi, nous espérons dans l’avenir pouvoir également proposer un outil de prévention spécifique pour les personnes MtF.

Cette brochure est gratuite et est disponible sur simple demande : 02 736 28 61 ou mail.

Elle également disponible via genres Pluriels


j'aurais dit les corps trans car il n'y a pas un corps trans....iels ont transformé ft* en FTM pas très grave:)

mercredi, juillet 7 2010

Interview pour chronic'art- rubrique QUEER-JE? 07/07/2010

Interview pour chronic'art- rubrique QUEER-JE? 07/07/201

l'interview telle qu'elle est en ligne:

http://www.chronicart.com/queerje/queerje_070710.php



Je me permets de mettre sur mon blog l'interview en intégralité, car trop longue pour le format de Chronic'art, bien que je l'ai réécrite 3 fois.

Questions de Cyril Lener

Entretien Naïel Lemoine, photographE, féministE et queer.

Par Cyril Lener/Chronic’art/Rubrique Queer-Je ?

naiel freaks

1 – Présentez-vous. Quelle est votre démarche artistique ?

Je m'appelle Naïel, je suis photographE féministE1 ,militantE, Queer, et plein d'autres choses...:)Mais je suis, avant tout unE individuE qui aime et utilise la photographie comme moyen d'expression et de résistance...

Je ne saurai rentrer dans aucune case, identité fixe qui me constituerait comme sujet...je “suis” post identitaire...

Je peux, dans un souci de luttes et de visibilité,et selon l'espace/temps présent, revendiquer certaines identités politiques comme identité non binaire et mouvante, AssignéE Female To Unknow..( FTU).“not a girl”, "not a boy”,just an another “gender”,transgenre, genderqueer, pédéE, gouinE...

Comme je pense que les mots sont importants et que nous y mettons toutEs des sens très différents, je souhaiterai qu'on lise non mes définitions de queer, féministe, genre,.., mais ce que je mets sous et sur ces mots en expliquant d'où je me situe, quels courants de pensées ont pu m'influencer et dans quel contexte particulier je les utilise ou non : tout ceci est disponible ici:

http://blog.naiel.net/index.php?post/2009/04/02/Intervention-Du-31-mars-dans-le-cours-alternatif-langagen-Pouvoir-et-ideologies-ILPGA-Paris-III-sur-Destroy-Genders-or-fucking-genders

Naïel n'est pas le prénom qui m'a été assigné à la naissance, je l'ai construit comme je construis mon corps, ma personne quotidiennement en tentant de déconstruire les normes qui m'ont faitE advenir en tant que sujet.

Naïel est un prénom construit et politique. Il est le fruit de la contraction de Nat-il/el qui est un prénom construit et choisi, comme peut l'être cette p… de binarité des sexes et des genres qu'on pense "naturelle" et qui régit notre société. Naïel est là pour vous rappeler qu'il n'y a pas de nature dans ce système binaire seulement des constructions sociales, politiques, culturelles...qui divisent en deux l’humanité afin de légitimer le sexisme , l’oppression d’une catégorie par une autre, les « Normes »…et toutes les discriminations et violences qui s’exercent sur des personnes dites a/normales.]2

La photographie est pour moi un outil privilégié au service de ce que je souhaite exprimer.

Je fonctionne essentiellement par projets et non par images choc, bien qu'un de mes terrains privilégiés soit les manifestations et la vie de tous les jours,et des photographies sans mise en scène.

J'essaye dans ma démarche et notamment pour “fucking genders” de ne pas “assigner” les personnes à une image fixe et non voulue de leur part. J'essaye de pas tomber dans le piège d'« un discours sur »et de laisser la place « à un discours de » ( chaque personne a pu se mettre en scène, s’autodéfinir sur un schéma , ainsi qu’expliquer comment ellE se positionnait à un moment donné par rapport au binaire, au genre)….Même si cela passe par le filtre de mon regard...

je n'ai pas une démarche particulièrement esthétique : l'émotion que mes images peuvent créer prime sur la “ beauté” , le côté “joli”...

J'ai une une préférence pour le noir et blanc , je ne sépare pas la photo dite “traditionnelle” argentique des autres modes de production d'images, ni ne les hiérarchise.

Ce qui me touche émotionnellement m'inspire, cela peut être un paysage un visage, une injustice....

J'aime aussi les errances dans des “no humans'Land” en compagnie de mon appareil.

2- Au niveau du langage, en quoi l’usage d’Internet permet-il la construction d’identités dénormées, dégenrées ?

Le concept même d'identités dégenrées ou dénormées, me pose déjà question.
Quand une nouvelle identité se crée, se visibilise elle produit et entretient ses propres normes, qui peuvent être en rupture avec les normes majoritaires mais qui peuvent aussi produire de nouvelles injonctions dans des milieux /contextes très particuliers... je préfère pour des raisons personnelles parler d'identités politiques ( ce qui n'a pas le même sens que de parler d'identité ) alternatives. Ces identités politiques alternatives ne se sont pas créées avec internet, internet par sa capacité à faire circuler de façon très rapide un flot important d'informations ( pas toujours pertinentes d'ailleurs) a permis de relier aux quatre coins du monde des personnes qui essayent de ne pas rentrer dans les normes binaires via les forums, les réseaux sociaux, les groupes....

En ce qui concerne le langage, beaucoup de personnes avant l'arrivée du Web 2.0, s'étaient déjà attelées à créer d'autres formes de langages, car le langage biaisé , produit et entretenu par le régime hétérosexiste ne permet pas de rendre compte des réalités que nous vivons.

La langue française étant extrêmement genrée, il reste difficile de la « dégenrer au quotidien »: par exemple, on peut utiliser le E majuscule que personnellement j'utilise tout le temps à l'écrit, il y a aussi le  « -e »( exemple: à la place de tous , on peut écrire tout-e-s), ces deux façons de dégenrer le langage sont issues des mouvements transpedegouines libertaires et féministes. Cela fonctionne à l'écrit et cela circule relativement bien, même si cela commence à dater , dans tous les réseaux informés, mais pas du tout à l'oral.

Un nombre importants de personnes ont aussi essayé de créer un autre langage en ce qui concerne les pronoms et l'injonction au  « il » ou au « elle » : iel, Yel,ilLE ( se prononce ilé)....Malgré internet et sa capacité à faire circuler ces pronoms différents, peu de gentes se questionnement quand on utilise le iel, ilLe, ou le E, le -e...

.Leur compréhension et leur utilisation restent confinées à certains réseaux , desquels ils ont du mal à sortir...

Il semblerait que la langue anglo saxonne présente moins de difficultés car moins genrée: en pronom on trouve souvent le « zhe » ou « sie », certainEs utilisent aussi le pluriel pour montrer que leur « identité » ne peut se décliner que dans la multitude ( « they »). En ce qui concerne les pronoms possessifs, on voit aussi fréquemment le « hir », qui est un mix de her et his...

Internet permet , mais je le répète dans un certain réseau, de faire circuler ces « tentatives de langages  degenrées » et pour ceulLes qui se retrouvent dans cette volonté de ne pas être genréE, d'y avoir accès assez facilement.
Cela permet peut être de voir/ de pouvoir penser que d'autres « identités » non conformes sont possibles , vivables, et de se/déconstruire/reconstruire plus rapidement qu'avant, parce qu'il existe déjà une visibilité...

Il est aussi possible de ne pas genrer les personnes , on peut au niveau des pronoms ne jamais utiliser le « il » ou le « elle », pour cela voir un article écrit pour les UEEH 2009 (http://blog.naiel.net/index.php?post/2009/08/29/Ne-pas-genrer-les-personnes-%C3%A0-priori.)

Pour avoir une idée de ce que peuvent être des UEEH :

http://www.ueeh.net/temp/

3- Dans le cadre de cette réappropriation par la langue, observez-vous des spécificités typiquement françaises dans la construction d’une post-identité et sa diffusion sur le réseau?

Je reprendrai la notion de construction d'une post identité par la notion de constructionS/déconstructionS/reconstructionS sans fin de post identitéS, car je pense que la multitude est une des manière de semer le trouble dans le système binaire.

Sur les spécificités françaises, j'en ai un peu parlé au-dessus, et je déteste parler de spécificités françaises dans cette société où l'identité nationale est reine. Peut -être parler de spécificités francophones, qui est plus lié à la langue utilisée qu'à une notion de frontières et d'état nation serait plus juste , le langage est important.

De plus je n'ai pas encore eu vraiment l'occasion de beaucoup voyager, et je pense qu'à l'intérieur de chaque langue, il y a des minorités qui créent un langage dégenré ( j'ai déjà parlé des pays anglo saxons) , par exemple en Catalan, le * ou le @ sont des manières de dégenrer une langue très genrée : elle devient ell*....

Je ne suis pas surE qu'il y ait des spécificités francophones et sa diffusion sur internet fonctionne mais ne pose pas forcement question , et donc est invisibilisée...

4- Plus globalement, quels outils de base où spécificités de la communication sur Internet vous paraissent les plus propices à la queerisation - déshétéronormalisation du genre dans la construction d’une post-identité ? ( de post identités);

Je vais être très brèvE sur le sujet, car je ne suis pas unE geekE. Je pense que déjà la création de réseaux sociaux, forums publics où dès l'inscription on ne vous oblige pas à cocher obligatoirement homme ou femme poserait d'emblée la possibilité ( même si je pense sincèrement que peu de gentes le remarqueraient) pour toutEs de penser la « dégenration » ( de pouvoir penser l'impensable , cette évidence de la binarité des sexes/genres). Et c'est loin d'être le cas actuellement...

5- Quel est le poids d’Internet dans l’accès aux médicaments et aux opérations relatives aux modifications du corps ?

Je rectifierai d'abord ta question: je vais plutôt parler du poids d'internet dans l'accès aux informations sur les possibilités de modifications corporelles. Et dans un contexte plus précis qui est celui des transidentités.

Je ne parlerai pas de médicaments non plus: un médicament fait en premier lieu référence au traitement d'une maladie. Or les personnes transidentitaires ( terme large pour éviter de reproduire les divisions internes au milieu trans) ne sont pas malades.
Et même si Bachelot, par un tour de passe passe a fait repasser la transsexualité dans une ALD hors liste,les personnes transidentitaires ne sont toujours pas , contrairement à ce qui a été largement diffusé par les médias, dépsychiatriséEs de manière effective:

pour avoir accès à une modification corporelle qu'elle soit hormonale ou chirurgicale en (f)rance, une personne doit toujours aller voir un psychiatre qui lui dit si elle est trans ou pas, selon leurs critères, qui restent basés sur le DSM- IV (   qui est juste le manuel de référence qui définit les troubles mentaux , rédigé par un collège de psychiatres américains et qui fait loi ici) et sur la CIM 10 ( classification internationale des maladies publiée par l'OMS) pour obtenir son papier qui certifie qu'elle est dysphorique de genre.
Tant que des psychiatres pseudos experts décideront pour nous, qui nous sommes et ce qui est bien pour nous, il n'y aura pas de dépsychiatrisation effective.

Après il est intéressant de noter que, seules les modifications concernant des zones dites « sexuelles » et pour certaines catégories de sexe, par la société hétéronormée soit soumises à l'aval de la psychiatrie. Se faire augmenter les seins quand on a été assignéE femelle à la naissance est une pratique de plus en plus courante, libre ( enfin si l'on évacue la pression de la société sur les normes de LA Femme d'aujourd'hui), se faire refaire le nez ne pose pas plus de problème....

La force d'internet a été de faciliter les échanges via de nombreux forums , de pouvoir discuter , d'avoir des photos, des idées de couts, et ainsi de pouvoir choisir ce qui est le mieux pour soi ( enfin en fonction de son niveau de vie bien sûr).
Un des forums où je suis alléE le plus souvent, pour des informations techniques mais surtout pour échanger avec des personnes ouvertes à des « parcours » différents, des transidentités différentes, a été celui de Lazz ( il n'est plus en service actuellement) et je ne retrouve pas les archives: ftmvariation ( le nouveau forum destiné au FTM pédés et à leurs partenaires se situe là: http://www.ftmvariations.org/forum/.
Il y a également ce forum avec des informations techniques de grande qualité:http://ftm-transsexuel.info/.

Ces forums en langue française ont permis de créer des réseaux en tous genres, et a grandement participé à l'émergence de la visibilité FTM en (f)rance, avant il fallait se rendre sur des sites anglophones ou aller frapper aux portes des associations.

Cela a aussi eu pour incidence des contacts plus virtuels, alors que les groupes d'auto support développés par certaines association trans restent des lieux plus « humains » pour discuter et échanger ( GAS ; http://www.outrans.org/spip.php?rubrique3).

Dans le même temps, je tiens à signaler que beaucoup de sites de body art, de performances artistiques( issues des performances des années 70) dans lesquelles les modifications corporelles sont la pratique artistique même, ont aussi émergé, et il existe des liens ou pas entre ces divers « milieux »

6- Le pouvoir politique semble complètement dépassé par la nature des évolutions généralement induites par Internet. Dans quelle mesure comprend-il l’illustration de du queer et de la post-identité sur le réseau ?

Le terme de pouvoir politique me semble très flou: de qui parle-t-on ? Du pouvoir politique qui sévit en ce moment en (f)rance? Autre part? Des politiques ?du politique ou de la politique, ce qui est différent.

D'une manière générale , je ne pense pas que le « pouvoir politique »( pour le coup j'y mets toutes les personnes qui gouvernent des pays), soit dépassé par internet, bien au contraire.

La circulation, par exemple de photographies sur les scènes de torture à Guantanamo, répondent à une logique et une volonté précise de légitimer un impérialisme américain et la guerre de façon plus générale au non d'une pseudo liberté qui définirait ce qui est humain de ce qui ne l'est pas, de quelles vies sont vivables , légitimes alors que d'autres vies ne le seraient pas ( car sauvages , barbares, ne répondant pas aux normes des sociétés dites modernes, et donc relayées à des sociétés inférieures d'un autre temps, qu'il faut éduquer ou détruire ( et là je fais très simple, la réalité est beaucoup plus complexe....).

Et c'est justement une des particularités des analyses dites queers ( mais aussi d'analyses féministes matérialistes ) de croiser les questions de classe , de genre, de race et de pointer de façon claire la colonisation qui continue de populations dites « barbares » par les sociétés occidentales dites modernes, mais je m'écarte un peu du sujet.

Je ne peux pas répondre à la deuxième question car le terme de pouvoir politique est trop vague et sans contexte.

Après qui voit, veut voir, comprend, les « illustrations » diverses « queer » , sincèrement je n'en sais rien, mais pour pouvoir à minima les comprendre encore faut-il être en lutte et prendre conscience du régime heterosexuel politique colonial et raciste qui nous a constituéEs en tant que sujets....

En ce qui concerne la photographie plus précisément, des artistes comme Del la grace Volcano, et beaucoup d'artistEs francaisEs aussi ( là je ne peux pas toutEs les citer, et il y a aussi toute la production artistique féministe à citer) qui comment à avoir un certain poids et qui peuvent arriver à toucher un public plus large.

Après, comme je l'avais écrit dans l'article pour la 10ème Muse (Dossier Genre, p19, la dixième Muse, n°37, mars/avril 2009.)

http://blog.naiel.net/index.php?post/2009/03/16/article-dans-la-dixieme-muse-N37-mars/avril%3A-dossier-genre,
il me semble important dans cette subversion de ne pas ériger via ces “productions” de “genres” “degenréEs”, de nouvelles normes, de nouvelles injonctions....à une nouvelle norme identitaire “queer” ou “freaks”.

La subversion que peut produire une image dans un certain espace/temps peut devenir une injonction dans un autre espace/temps et en tant qu'artistEs nous ne maîtrisons absolument pas les discours sur nos productions qui sont parfois l'inverse de ce que nous souhaitions montrer. C'est d'ailleurs un des aspects intéressants et parfois très agaçants de la multitude des diffusions d'images décontextualisées sur le net.

J Butler parle d'ailleurs, via l'analyse des discours de Susan Sontag et de la circulations des photos de scènes de torture à Guantanamo et Abou Ghraïb (

« Ce qui fait une vie:Essai sur la violence la guerre et le deuil ») des questions liées à l'image et de sa diffusion décontextualisée et donc de ses réceptions diverses.

7- Qu’est ce que le Destroy Genders/Fucking Genders ? Comment le diffusez-vous sur le réseau ? Et comment l’observez-vous se diffuser de lui-même ?

« Destroy Genders or fucking genders: pour une société non biniare » est un vaste projet qui combine photographieS, textes, et schémas ( et aussi vidéos); et qui je le reprécise à chaque fois, mais cela ne semble pas entendu, n'est pas une exposition sur les trans et les intersexes.

Elle questionne le genre et « l'ordre naturel des genres/sexes », dans ce sens , elle nous concerne toutEs.

Cette exposition n'est que la 4ème partie d'un projet plus vaste que vous pouvez lire sur mon ancien site ( en français):

http://naiel.net/

et sur le nouveau site bientôt à la même adresse en 4 langues. Les vidéos sont déjà en 4 langues ici:http://www.myspace.com/fuckinggenders

Toute la démarche de cette exposition est expliquée ici:

http://blog.naiel.net/index.php?post/2009/04/02/Intervention-Du-31-mars-dans-le-cours-alternatif-langagen-Pouvoir-et-ideologies-ILPGA-Paris-III-sur-Destroy-Genders-or-fucking-genders

Je tiens aussi à préciser que cette exposition date de 2007, et qu'en la faisant j'étais déjà dans d'autres réflexions comme toujours .

Comme pour touts mes expositions , je les présente d'abord dans un espace/temps réel ( pour celle-ci:cela a été le festival Cineffable 2007), ce qui était déjà un challenge en soi, car Cineffable est un festival non mixte lesbien.

Après, elle a été mise sur mon site personnel, puis j'ai aussi créé un myspace pour cette exposition là, car je ne pouvais pas mettre à jour mon site moi même, et aussi parce qu'à cette époque Myspace permettait de diffuser rapidement dans toute la (f)rance et hors de (f)rance, ce qui m'a permis de créer des liens avec beaucoup d'artistes notamment à Berlin.

Je l'ai également diffusée sur beaucoup de forums en (f)rance, les personnes qui ont aimé ont relayé , diffusé sur d autres espaces de la toile. Mais il faut au départ poster beaucoup et parfois on a l'impression de se vendre. Cela prend aussi énormément de temps et d'énergie, mais cela permet à des personnes qui n'ont jamais pu venir physiquement voir cette installation, de la voir au moins sur le net.

Maintenant, je suis beaucoup moins actifE par rapport à cette exposition sur le net, elle se diffuse ou pas d'elle même, j'ai parfois des mails d'insultes ou des mails de personnes qui me disent avoir été touchées et poussées à la réflexion par cette exposition.

Nous sommes en 2010, et j'ai fait beaucoup de choses en photographie avant et après « fucking genders », mais elle semble avoir marqué les gentes de par la haine ou l'intérêt qu'on peut me porter.

Pour tout ce qui concerne cette exposition vous pouvez trouver des réactions ( sur mon blog naielworkinprogress qui est en reconstruction aussi) , et un peu partout via google si vous tapez naiel ou fucking genders. Vous pouvez aussi trouver une brève analyse de ce que cette exposition a pu déclencher comme réactions et en retour comment elle est parfois devenue lourde à porter
...ainsi que les limites qui la constitue : penser l'impensable.

8- Vous êtes très actifE sur les réseaux sociaux (notamment Facebook et MySpace). Quelles spécificités d’interface des réseaux web 2.0 vous semblent les plus intéressantes dans l’appel à une autodéfinition de l’identité ? Quelles sont leurs lacunes ?

Le web 2.0 a permis au plus grand nombre de créer des blogs/sites sans avoir à taper du code, ce qui a démocratisé et multiplié le nombre de blogs/sites sur la toile. La possibilité de laisser des « comments » permet aussi d'avoir des retours et des échanges . Après il y a eu la mode myspace ( à l'époque où j'ai créée le mien en français, il fallait taper un peu de code quand même, il n'y avait pas de proposition en français d'interfaces graphiques modulables toutes prêtes), qui m'a permis de diffuser et de rencontrer virtuellement et parfois dans la vie des personnes intéressantes.

Mais sur la question de l'autodéfinition de l'identité et notamment sur la question des genres sur myspace et facebook ( qui est devenu le réseau social à la mode et qui est déjà dépassé par d'autres), il faut toujours cocher la case soit homme soit femme, ce qui ne permet pas de s'autodéfinir.

La binarité des genres/sexes est tellement inscrite comme une évidence ( et donc qui ne se questionne pas) qu'on la trouve également sur des réseaux sociaux.

Sur myspace , en plus, quand vous faites une recherche via google, la première information qui apparait en gros à coté de votre blog est FEMALE ou MALE...

.Facebook n'y échappe pas non plus même si on a le choix de paramétrer ce qu'on fait apparaître ou pas et donc de faire apparaître ou non sur sa page les deux catégories « femme » et « homme ». Mais pour s'inscrire, sur le site français ( je ne m'avancerai pas sur l'interface anglophone car je ne suis pas sûrE), vous êtes obligéEs de cocher homme ou femme.

Dans quelques réseaux sociaux , mais plus spécifiques à un intra réseau « queer », « transpédégouines », vous pouvez cocher autre chose ou ne rien cocher et ceci dès le formulaire d'inscription ( voir le réseau qu'a cité Kings queer). Mais ces réseaux sont souvent très confinés par choix ou non, et peu de gentes hors milieu TPG, féministes... les connaissent.

Pour ce que je connais des réseaux sociaux , ils ne permettent pas pour l'instant de s'autodéfinir et restent soumis au , produits par et entretiennent un régime politique binaire du genre/sexe.

Je signalerai aussi que toutes ces facilités induites par le web 2.0 ont un coût politique élevé:
l'acceptation du système capitaliste avec toutes les pages polluées par la publicité et l'utilisation de vos données personnelles à des fins commerciales au moins pire)...
Le militantisme existe aussi en informatique, les systèmes d'exploitation libres comme Linux et ses divers variations, les logiciels libres ( la suite open office et un tas de logiciels libres) sont utilisables et proviennent de réseaux coopératifs alternatifs..
.Pour une personne non geek comme moi, elles peuvent sembler difficiles d'accès au premier abord , mais le deviennent de moins en moins...

Certains réseaux ont intégré par choix militant ces outils informatiques alternatifs comme des listes ( sympa...) , des sites/blog ( ouvaton, poivron....) et sont de ce fait un peu plus difficiles à trouver sur le net.

9- Existe-il une particularité d’échange, de collaboration sur Internet entre photographes ou plus globalement d’artistes travaillant sur la question du genre, sa déconstruction ?

Je fréquente très peu le milieu des photographes, étant autodidacte, ce n'est pas toujours simple, mais oui il y a des projets qui existent ou ont existé, mais leur impulsion ne vient pas du net.

La queer factory ( le site n'est d'ailleurs plus en ligne, il reste des liens comme via le site de Cy Yung

http://cyjung.com/spip.php?article88

, les collaborations DIY ( « dykes rivers » qui ne se définit pas forcement comme queer et plein d'autres)…

http://www.dykerivers.com/

On découvre aussi des artistEs via le web qui travaillent sur ces questions, mais iels sont parfois dans d'autres réseaux que moi, dans des réseaux plus spécifiquement artistiques avec tout ce que le monde de l'art peut générer comme exclusions, questions de légitimité, de ce qui est art ou non...

CertainEs artistEs sont impliquéEs dans différents milieux, comme par exemple Tom de Pekin, Bogdan W rousseau....( iels naviguent dans le monde de l'art et dans d'autres milieux plus militants:

un collectif l'évadée expose d'ailleurs aux festival off d'Arles cette année « identity Lab »:

http://www.voies-off.com/index.php/fr/identity-lab

Après , ne fréquentant pas particulièrement le milieu de l'art , ni sur le net ni dans la vie, je ne suis pas très au courant des collectifs qui se créent, ni comment ils se créent.

10- Quelles sont les prochaines étapes que vous aimeriez atteindre dans votre démarche artistique et militante ? Quelles évolutions technologiques récentes ou à venir vous semblent les plus prometteuses dans l’atteinte de ce but ?

Les trois dernières années de ma vie ont été compliquées, de par ma vie personnelle (des déménagements successifs paris-Marseille-paris-marseille), de par mon engagement militant dans des groupes et dans la création de certains et des désillusions en tous genres qui vont avec, de par les violences internes aux dites « communautés » trans , queers..., et tout ceci entre autre ne m'a pas permis de me rendre disponible pour la photographie.

Pour le militantisme , ma réponse est claire , nette et définitive, en groupe c'est terminé pour moi sauf pour des occasions ponctuelles, car les luttes fragmentées, égotiques, des luttes où on ne peut plus parler librement et qui visent la formation de sujets homogènes sont devenues pour moi des pertes d'énergie, de temps sans compter le coût affectif.

Mon militantisme s'exprimera comme avant par mes projets photographiques, ou pas.

Sur ma démarche artistique, j'aimerai travailler plus sur des projets purement photographiques mais aussi sur des projets mélangeant différentes formes d'expressions. J'aimerai aussi participer à des collectifs mais ne plus être soumisE à la pression du monde militant.

J'ai déjà depuis 2007, un tas de photographies qui circulent sur le net, d'autres sont dans des disques durs, j'ai un travail énorme de tri à faire, et déjà une dizaine de projets écrits mais non réalisés.

  • - « Réfractaires au genre »

  • -un projet plus global sur l'antipsychiatrie, l'enfermement et le contrôle sur nos personnes

  • un travail en cours sur les questions Cyborg qui sera peut être exposé aux ueeh cette année si je l'ai fini à temps , ce qui semble mal parti.

La refonte de mon site web depuis novembre 2009 prend également beaucoup de temps, et je pensais en avoir fini avec « fucking genders » mais la possibilité de rendre les vidéos interactives va surement me pousser à retravailler les parties vidéos afin de les rendre plus attractives et moins indigestes.

Je repense actuellement aussi ma démarche artistique.

En résumé, je souhaite un peu de paix, même si de par ce que suis, je suis toujours en résistance, pour me consacrer à mes projets qui bien sur ne sortent pas de nulle part et questionneront ce qui me questionne.

Sur les avancées technologiques qui pourraient me permettre tout cela, je n'ai pas grand chose à dire, si ce n'est qu'elles ont un coût financier et que mon matériel actuel ne me permet plus de faire ce que je veux...

Pour l'instant, je n'ai pris aucun engagement en ce qui concerne des expositions, car j'ai besoin de repos et de me re/trouver, je pense juste pour la première fois de ma vie participer à un concours à Nice et retourner aux rencontre off d'Arles .

Je pense à terme aussi me rapprocher plus des »milieux » artistiques divers sur le net et dans la vie.

L'actualité de mes travaux peut se suivre via

www.naiel.net/

www.naiel.net.blog/

www.naiel.slide.com/

photos d'évènements militants

http://www.myspace.com/fuckinggenders

http://www.myspace.com/naiel13

http://www.facebook.com/naiel13

Mon Facebook est plus destiné comme l'était mon myspace à des informations à caractère militant.

  • ….

1

2Extrait de l'exposition Destroy genders or fucking Genders, Naïel, http://naiel.net/

jeudi, mars 4 2010

sur le site de Cy Jung

sur le site de Cy Jung

http://cyjung.com/spip.php?article476

pour en savoir plus sur Cy Jung, ecrivaine

http://www.cyjung.com/

Capturesite_CY_yung.JPG

Retour sur images

  http://blog.naiel.net/index.php?post/2010/02/17/serie-fighting-sexism...is-Fighting-gender-3

Naïel, Fighting gender 9®, photographie de la série Fighting sexism®

Dans son édition 2006, feu le Dyke Guide édité par DyelplaNet, proposait six photographies de six photographes de la scène lesbienne. Que sont-elles devenues, quatre ans plus tard ? Elles ont chacune un site Internet qui vous permet de découvrir ou redécouvrir leur travail. Suivez les liens…
Émilie Jouvet, photographe et réalisatrice, vous propose une vidéo Je protège mon sextoy à voir sur Yagg.
Laurence Chanfro, photographe et vidéaste.
Naïel, photographe, en illustration ci-contre avec Figbting gender 9®, photographie de la série Figbting sexism®.
Cris Brégeon, photographe.
Cathy Peylan, photographe (dont une photographie illustrait en 2005 la couverture de Mathilde, je l’ai rencontrée dans un train).
Karyne Lamouille, photographe, plasticienne, création bijoux.

samedi, novembre 28 2009

Les dix ans d'Agile- auvergne et les 10emes homosaïques à la télévision....programme et expo fucking genders

Les dix ans d'Agile- auvergne et les 10emes homosaïques à la télévision....programme et expo fucking genders

http://www.clermont1ere.com/programme_liste.php?em=57&id=3999&page=1

voir pour plus d'infos ici:

http://naiel-workinprogress.naiel.net/post/2009/09/28/prochaines-expos-clermont-ferrand-et-Bruxelles-en-novembre










samedi, août 29 2009

Ne pas genrer les personnes à priori.



Ne pas genrer les personnes à priori.


Il etait une fois , juché au-dessus des calanques, sous un soleil éclatant, un monde idéal libéré de toute norme...Où chaque personne était respectée ...au-delà des apparences.

DRING! DRING! Le reveil (oui, je suis unE vieillE et n'ai pas encore mon portable multiconsommations intégré) sonne..

Retour brutal à la réalité.

Je suis toujours sous un soleil éclatant, du 4ème étage de mon palace "crous" j'aperçois toujours les calanques, MAIS...je ne suis pas à Bisounours'Land...:


Du "salut les filles", au "c'était bien bien avec Le/La Mec/Fille d'hier soir?" en passant par ."comment ça va jeune homme", "bonjour monsieur"...Je me retrouve encore, de fait, genré-e par mon apparence physique...HIC!


Nous avons tout-e-s été éduqué-e-s dans et par un système hétéronormatif et sexiste, avec une langue particulièrement genrée et des formules de "politesse" genrées( qui ne sont pas toujours hypocrites et peuvent faire partie d'un certain "take care"), qui assigne un Genre/Sexe en fonction de l'apparence physique et qui continue encore ( malgré nos efforts de déconstruction) à nous traverser quotidiennement.


Certaines personnes souhaitent être genrées indépendamment de leur apparence physique, d'autres ne souhaitent pas être genrées, etc...Ce souhait est plusqu'un souhait c'est juste le droit fondamental de toute personne à s'autodéfinir , s'autodéterminer, à être libre de dire qui elle est...., à ÊTRE tout simplement.


Je sens que malgré votre totale ouverture d'esprit, vous allez me dire: "c'est bien beau tout ce discours MAIS, pratiquement , comment je fais..?

C'est très simple: vous rencontrez une autre personne , un simple "salut", "bonjour" , "ça va"? ...ne genre pas les gen-t-e-s à Priori.

Et immanquablement , vous allez me rétorquer ( car vous avez l'esprit très ouvert), "pour le bonjour , c'est simple mais après? Si je discute avec la personne"?

Si, dans votre discussion , la personne ne s'est pas genrée elle même pour diverses raisons, vous pouvez tout simplement lui demander ce qu'elle préfère:

le "elle" , le "il", le "iel", le "illE",...pleins de pronoms se créent au fur et à mesure  de nos déconstructions/reconstructions/déconstructions...


ET réciproquement:


Si je suis par exemple une personne souhaitant être genrée au masculin/féminin/ou non genrée/ou autre...et SI ,du fait des habitudes sociales et du temps si différent qu'il faut à chacun-e pour déconstruire toutes les normes, on me genre à priori et que celà m'agresse....

un peu de "zénitude"...

Dire tout simplement , moi c'est "il", elle, iel, illE...( chacun-e ayant le libre choix d'expliquer ou non ; personne n'a à se justifier d'être!), d'une manière calme et en prenant en compte son interlocuteur-e dans toute sa dimension , permet tres souvent de désamorcer les violences, agressions ressenties qui sont souvent dûes à un manque d'information et/ou une "mal information" sur les questions de genre.

Essayons de ne pas oublier , en tant que personne, notre propre cheminement, ce qu'il nous a fallu comme temps , rencontres avec d'autres pour commencer à déconstruire tout celà...


BiSouNouRs' lAnD n'existera sans doute jamais , mais nous pouvons tout-e-s ensemble essayer de tendre vers....

texte écrit pour les ueeh 2009

Naïel, fin juin 2009


Parce qu'il y en a marre de subir l'injonction à se genrer qui n'est en fait qu'une volonté de confirmation de ce que la personne a vu de nous par votre apparence!

Parce que partout c'est il ou elle et que cela n'a rien de naturel....parce que le genre n'est pas la construction sociale d'un sexe qui serait biologique....!

parce que le genre precede et produit le sexe!

parce que tout ca vous ronge de l'interieur, parce que votre place n'est nulle part, parce que vous êtes toléréEs partout.......mais jamais respectéEs

parce qu'il n'y a pas d'autres manieres de lutter contre le sexisme que de s'enoncer différemment ...

parce que binarisme , genre, sexe, sexisme, racisme.....vont ensemble..................

parce que seulE il n'ya pas de lutte possible.....

jeudi, avril 2 2009

Intervention Du 31 mars dans le cours alternatif" Langage Pouvoir et idéologies" ( ILPGA -Paris III) sur "Destroy Genders or fucking genders"

Présentation de l'exposition « Destroy genders or Fucking genders: pour une société non binaire »

31 mars 2009, dans le cadre du cours alternatif « Langage, Pouvoir et Idéologies » animé par Luca Greco (ILPGA-Paris III)

19, rue des bernardins, 75005 Paris

  1. présentation de moi:

Je m'appelle Naïel, je suis photographe féministE1 ,militantE, Queer, et plein d'autres choses...:)Mais je suis, avant tout unE individuE qui par moments utilise la photographie comme moyen d'expression et de résistance...

Je ne saurai rentrer dans aucune case, identité fixe qui me constituerait comme sujet...je “suis” post identitaire...

Je peux, dans un souci de luttes et de visibilité, revendiquer certaines identités politiques comme identité non binaire et mouvante, AssignéE Female To Unknow...

“not a girl”, "not a boy”,just an another “gender”,transgenre, genderqueer, pédéE, gouinE...

  1. Naïel

Naïel n'est pas le prénom qui m'a été assigné à la naissance, je l'ai construit comme je construis mon corps, ma personne quotidiennement en tentant de déconstruire les normes qui m'ont faitE advenir en tant que sujet.

[ texte : pourquoi changer de prénom et pourquoi Naïel?

Naïel est un prénom construit et politique. Il est le fruit de la contraction de Nat-il/el qui est un prénom construit et choisi, comme peut l'être cette p… de binarité des sexes et des genres qu'on pense "naturelle" et qui régit notre société. Naïel est là pour vous rappeler qu'il n'y a pas de nature dans ce système binaire seulement des constructions sociales, politiques, culturelles...qui divisent en deux l’humanité afin de légitimer le sexisme , l’oppression d’une catégorie par une autre, les « Normes »…et toutes les discriminations et violences qui s’exercent sur des personnes dites a/normales.]2

  1. FéministE? De quoi parle-t-on?

Quand je dis je suis FéministE , je me dois d'expliquer ce qu'est pour moi le féminisme, parmi tous les féminismes existants. Et pour cela je ne peux pas parler de ma vison du féminisme sans parler du genre....

[Je tiens d'abord à préciser que le genre n'est pas, pour moi, la construction sociale du sexe biologique ( le genre est un concept créé dans les années 50 aux États Unis par Stoller et Money, deux psychiatres et psychologues travaillant sur le “transexualisme”3 et la réassignation des enfants intersexuéEs.).

Le genre préexiste au sexe et le produit en lui donnant l'illusion du naturel ( tout en invisibilisant cette production).

C'est un rapport social de pouvoir qui produit et entretient le système hétéronormatif (2 genres, 2 sexes, relation hétérosexuelle avec pour but la reproduction).

Dans ce sens il fonde la société en tant qu'hétérosexuelle.( cf Wittig)

En tant que dispositif créé et au service du pouvoir biopolitique , il est à détruire car il maintient l'oppression d'une catégorie sur une autre, exerce un contrôle permanent des individuEs via une grille de lecture normative qui définit ce qui est “humain” de ce qui ne l'est pas. Il exclut donc du domaine du “pensable” toute personne ne pouvant être identifiée clairement par cette grille.

Le genre (en tant que dispositif de régulation au service du pouvoir) au même titre que le sexe n'a pas de caractère naturel , rien ne préexiste à sa production.4

Dans ce sens , le féminisme a pour objectif final la destruction du genre; ce qui ne veut pas dire qu'il faut ignorer ou nier la réalité des catégories sociales de genre et leur relations.]

Ma conception du féminisme est donc matérialiste et « Wittigienne » , dans ce sens «  être féministE , c' est lutter pour les femmes en tant que classe et pour la disparition de cette classe » ; alors que « pour de nombreuses autres cela veut dire quelqu'une qui lutte pour la femme et pour sa défense, pour le mythe donc et son renforcement »5.

Je me réfère aussi au Black féminism et à Audrey Lorde : «Je continuerai à combattre toutes les formes d'oppression. Racisme, sexisme, homophobie..  personne n'est libre tant que d'autres personnes sont opprimées. Brisons le silence»

  1. qu'est ce pour moi “se dire” queer?

Le terme queer , à l'origine veut dire bizarre et c'est aussi une insulte homophobe. Réutiliser le mot queer pour se désigner est une pratique de réappropriation et de détournement du discours. Cette réappropriation s'est faite dans la fin des années 80 aux EU, par des militantEs en opposition aux revendications structurées et normatives des gays et des lesbiennes , avec “un discours non identitaire, anti assimilationniste, et ne s'en prenant plus seulement à l'intolérance ou à l'hétérosexisme, mais directement aux contraintes de la normalité.”6

Pour moi, c'est une boite à outils qui me permet de déconstruire , de re-penser le monde, une certaine histoire , science “straight”, avec d'autres grilles d'analyses qui croisent entre autres genre, race et classe...; qui re-situent et redonnent la parole aux oppressions spécifiques invisibilisées et aux sujets par l'Oppression dite universelle écrite par des blanchEs, hétéroEs et “bourgeoisEs ( CF Black féminism).Ces grilles de ce fait sont toujours en mouvement , non fixes...

Les théories queer me permettent de me dé-construire/ re-construire sans modèle et sans fin...

Leur réappropriation me permet de résister tous les jours à l'intérieur du système héténormatif, par des pratiques sur mon corps, sur mon discours, ....

Le queer pour moi c'est aussi produire d'autres “identités” mouvantes, non binaires, qui échappent à toute définition, classification, homogénéisation....Tout en gardant un œil critique au sein de cette subversion afin de ne pas ériger via ces “productions” de “genres” “degenréEs”, de nouvelles normes, de nouvelles injonctions....à une nouvelle norme identitaire “queer” ou “freaks”

queer et identités:

Dire je suis queer et aussi je suis une identité est un non sens /queer. Le queer ne peut être identitaire , il est post identitaire. Par contre il peut être une identité politique.

J'y reviendrai plus tard.

Queer et féminismes:

On ne peut pas “se dire queer”, si on n'est pas d'abord féministE/post-féministE. ( cf 1.b)

  1. Présentation du projet/ expo

  1. présentation express

Je tiens tout d'abord à préciser que cette exposition n'est que la 4ème partie d'un projet plus vaste...que vous pourrez lire..sur mon site

http://naiel.net/

Cette exposition n'est pas une exposition sur les trans et les intersexes. Elle questionne le genre et « l'ordre naturel des sexes », dans ce sens , elle nous concerne toutEs.

Ce projet est né de ce constat personnel récurrent:

« Dans la rue, chez la boulangère, …j’ai souvent affaire au monsieur, jeune homme ou madame, ce qui ne me dérange pas plus que ça, ayant choisi de vivre dans une identité très fluide et la langue française ne permettant pas de sortir de cette binarité.

Ce qui me frappe le plus , ce sont les excuses répétées de ces « monsieurEs tout le monde » qui ne peuvent accepter de rester dans le doute et vous réassignent de force dans un genre normatif et binaire « naturellement". Comme si une certaine ambigüité ne pouvait exister que dans le personnel et non dans la sphère publique. Cette oppression de la réassignation à deux genres immuables qui ne me conviennent ni l’un ni l’autre est une violence permanente , INVISIBLE et un Déni de toute « identité » qui pourrait échapper au masculin et au féminin. C’est une oppression de fait, sournoise car non formulée …car naturelle…évidente…pour « le commun des mortels ». Refuser ces normes, être visible dans des « identités « plus fluides, moins cadrées est aujourd’hui très difficile et ceci tout aussi bien dans la société dite « straight » que dans les milieux LGBT « straight » eux aussi. »7

présentation “résumé” de l'exposition:

[Destroy Genders or Fucking Genders : pour une société non binaire.

Male, female ? Masculin, Féminin ?

Ce pseudo « ordre naturel des choses » a-t-il encore un sens ? N’y aurait –t-il pas autre chose au-delà du genre, qui serait encore  « impensable », car sans mots ?

En quoi la binarité des genres et des sexes est un système construit politiquement de contrôle des individuEs qui ne se fonde sur aucune donnée « naturelle » valable aujourd’hui ?

Pourquoi certaines « identités » se heurtent-elles de plein fouet à la binarité et ne peuvent s’y épanouir ? Pourquoi cette violence ? L’ordre Naturel des Choses serait-il le dernier tabou sans lequel la société risquerait de se désagréger ?

Comment certaines revendications transgenres et intersexes, sont, aujourd’hui ce qui peut permettre de remettre en question ces vieux fondements non naturels de notre société, du masculin et du féminin ?

Ce projet, par les portraits de 17 personnes, leur discours, …leurs révoltes... essaye de dire « l’indicible » :

Comment vivre dans des « identités » plus fluides, moins rigides… ?

  • en refusant l’assignation forcée au genre et au sexe.

  • en militant pour le droit à l’autodéfinition de son identité sans exclusion, psychiatrisation, pathologisation, oppression…

  • en remettant en question l’Ordre Naturel des genres et des sexes.

Naïel le 31 mars 2008]8

  1. la démarche

  • L'appel à volontaires a été diffusé sur beaucoup de forums straight ou non straight ainsi que sur des listes, il était important pour moi de ne pas photographier que des personnes que je connaissais et familiarisées aux questions de genre. J'ai également fait le choix de n'exclure personne, ce qui explique que des choses étonnantes peuvent se dégager de cette exposition. Celles- ci n'allant pas forcément dans le sens de mon propos mais le parti pris était de ne pas choisir les personnes en fonction de mes objectifs et aussi de ne pas les assujettir à ma vision non binaire du monde...ce projet a plus valeur de documentaire.

    Le choix était vite fait entre aller chercher mes « modèles » et leur faire dire ce que je voulais et laisser chaque personne se sentant concernée venir et essayer de montrer de manière assez libre son/ses “identités “ de genre.

  • Chaque séance commençait par une longue discussion, explication du schéma et il n'y a eu aucune pose imposée , juste des ajustetements techniques. Ceci afin que chaque personne se sente libre et parfois démunie de montrer ce quelle souhaitait montrer d'elle.

  • Dans le même esprit de passer « d'un discours sur »à “un discours de”, chaque personne pouvait s'autodéfinir sur un schéma ( cf schéma) , ainsi qu'expliquer par un texte comment elle se positionne par rapport au binaire, au genre...

  • les schémas et textes sont datés et ne prétendent en aucun cas définir une identité fixe ( ce qui serait totalement en contradiction avec le queer) d'une personne. Ce sont des instantanés à un moment donné dans un espace donné, d'une parcelle de ce que chaque personne a souhaité donner....

  1. Explication du schéma d'autoproclamation de « son genre » et de ses rapports avec la binarité des sexes et des genres.9

Pour pouvoir montrer les oppressions/révoltes que provoque le système binaire je me suis trouvéE dans l'obligation de créer un schéma qui parte du binaire.

Le sexe biologique:= ( pour moi) et pour simplifier , car je m'adresse à des personnes qui ne connaissent pas toutes les variations chromosomiques , hormonales, ....est égal au sexe qu'on vous colle sur vos papiers à la naissance. Par exemple , j'ai mis pour moi une croix sur l'axe 100% F

Cette donnée est croisée avec le sexe phénotypique , pour en dégager des espaces d'oppressions et de révoltes.

Le sexe phénotypique: = ( pour moi) inclut les apparences que prennent le corps et là je fais une entorse volontaire à la définition, en y incluant la notion d'incorporation: à savoir: «  le corps est ce qui est incorporé »10. Ce qui plus simplement revient à prendre aussi en compte sa visualisation de son corps, qu'on ait subi des modifications corporelles ou pas, qu'on le veuille ou pas, idem pour les hormonothérapies. Ce qui permet par exemple d'inclure des personnes qui souhaiteraient une modif corporelle mais n'ont pas pu le faire ou celles qui ne le souhaitent pas.

Le genre d'identification sociale: est pour moi le genre qu'on vous plaque sur la figure dans la société.

Cette donnée est croisée avec le genre d'attachement pour en dégager des espaces d'oppressions/révoltes et aussi d'invisibilité.

Le genre d'attachement est votre  autoproclamation du genre.

Je précise que ce schéma n'a rien de scientifique mais permet une base pour comprendre des « genres » différents . Il est sous forme de pourcentage et il n'est en aucun cas obligatoire d'atteindre 100% et il est aussi possible de les dépasser.

  1. Projection de la vidéo

  1. Réception de l'exposition par les publics

Elle a principalement circulé dans des festivals LG ( les autres lettres étant une caution politique) et dans des festivals alternatifs queer, DIY....en (F)rance et la première fut à Cineffable ( festival non mixte) lesbien et féministe.

Plutôt bien accueillie avec des réactions diverses:

  • La haine et la croyance mystique en un ordre naturel des choses qui conduit à des non discussions et à m'octroyer le charmant statut de maladE mentalE ...Et ceci chez des personnes qui ont elles mêmes été classifiées psychiatriquement dans le DSM jusqu'en 1992....date d'ailleurs à laquelle y entrait le transexualisme.

  • Une ouverture sur les questions de genres mais en définissant le genre comme la construction sociale du sexe biologique qui lui est défini par la nature. Ce qui de fait nous conduit à parler à des niveaux différents d'analyse et ne nous permet pas d'amorcer un dialogue .

  • Un réel questionnement pour certainEs et beaucoup d'informations totalement inconnues.

  • Un très bon accueil chez des personnes non binaires..logique

  • un accueil mitigé en milieu queer parisien qui est déjà une subculture du milieu LGBT straight

  • Un accueil très violent et une réinterpretation du projet par certaines personnes transexuelles...le mot transphobie ayant ete prononcé..

Le bilan que j'en tire:

  • j'ai traversé plusieurs phases car ce projet s'est avéré lourd à porter et à défendre en milieu et intra milieu.

  • Mais, je suis fièrE d'avoir réussi à le monter , d'avoir fait se questionner et me questionner les gentEs qui ont co participé ( les “modèles) et qui ont fait vivre et évoluer le projet ,de les rencontrer, le montrer et encore et toujours le faire circuler...

  • Le dogme de la différence des sexes est tellement implanté dans l'habitus (f)rançais, qu'il est quasi impossible d'être entendu et /ou d'en débattre...peut être cela a t il un rapport avec l'ominprésence de la psychanalyse en (f)rance..........

  • quand j'ai écrit ce projet qui a connu plusieurs versions , la convergence des luttes était une évidence pour moi dans le milieu militant TPG ( transpédégouines: en opposition au LGBT straight) et je partais du principe que tout le monde la souhaitait...............

    c'était une belle illusion, le repli identitaire et la fragmentation des luttes est une réalité qui me révolte, surtout en ce moment, que je ne peux admettre mais que je suis obligéE de reconnaître.......

  • ce qui m' a poséE quelques questions:

  • qu'est ce qui ne permet pas aujourd'hui de dépasser l'identitaire? Quel est le point d'accroche qui maintient sujet et sujet politique et sujet et identité dans une symbiose, fusion, et qui empêche le sujet d'être?

  • Qu'est ce qui empêche la prise de conscience de la nécessité du dépassement identitaire alors qu'on observe très bien la fragmentation des luttes et leur inefficacité?

  • Après les critiques virulentes du Black Feminism aux féministes blanches, hétérosexuelles, bourgeoises ( en gros à un féminisme se réclamant universel) et l'apport des théories queers en politique, comment peut on encore aujourd'hui construire des sujets politiques qui soient pertinents en les fondant sur une identité homogene prédéfinie, fixe, immuable qui oblige le sujet à se confondre au sujet politique par solidarité? Sinon il s'oppose.

Il y a aujourd'hui dans le milieu LGBT straight, le milieu TPG, le milieu queer des débats qui ne peuvent être posés sur la table. Et pour l'instant toutes les tentatives pour le faire ont échoué pour des raisons diverses.......

Je pense sincèrement que “queer” pourrait être une identité politique qui permette de constituer un sujet politique et historique pertinent aujourd'hui:

Pour cela il y a un postulat de base que je ne peux pas ne pas rappeler: Dans l'analyse du système d'oppression, la classe/catégorie femme occupe une place centrale.

Ce sujet politique pour se constituer nécessite aussi deux consciences:

  • La conscience que les oppressions spécifiques autour desquelles se construisent les identités multiples sont des dommages collatéraux.

  • La conscience que l'oppression n'a pas d'existence en dehors de la multiplicité des oppressions spécifiques qu'elle engendre. C'est pour cela que l'identité politique à construire ne peut se faire qu'en dépassant toutes ces identités dans une identité qui les exprime toutes historiquement sans jamais pouvoir les épuiser toutes.

Cette identité politique pourra peut etre alors constituer un sujet politique et historique pertinent.

1 le E est une marque de “dégenration”,utilisant le féminin comme technologie de lutte féministe. La langue française étant énormément genrée.

2Extrait de l'exposition Destroy genders or fucking Genders, Naïel, http://naiel.net/

3Avec un seul S, transexualisme est la réappropriation par les trans exuellEs de leur appellation définie et contrôlée par le pouvoir psychiatrique et la jurisprudence.

4Dossier Genre, p19, la dixième Muse, n°37, mars/avril 2009.

5On ne nait pas femme, M. WITTIG, in « questions Féministes” N°8, mai 1980

6No Pasaran, N°51, SEPT 2006

7Extrait de l'exposition Destroy genders or fucking Genders version 2.1, Naïel, http://naiel.net/

8Extrait de l'exposition Destroy genders or fucking Genders version 2.1, Naïel, http://naiel.net/

9Extrait de l'exposition Destroy genders or fucking Genders version 2.1, Naïel, http://naiel.net/

10 Flaz, Du corps anatomique à l'incorporation,flaz@ras.eu.org , http://incorp-fabrique.org/, à paraître dans la revue No Pasaran.

Une bibliographie, liste de sites web, articles sera bientôt mise en ligne.

lundi, mars 16 2009

article dans la dixieme muse N°37 mars/avril: dossier genre

article dans la dixieme muse N°37 mars/avril: dossier genre

personnes interviewées:

''Kael T. BLOCK

Moi

Axel Léotard''

dans un souci de respect des copyrights de la 10eme muse je ne peux publier que mon interview:( version non coupée)

contexte :Dans les objectifs: il devait y avoir un FTM , une MTF, un IS et unE FTU ( à savoir moi)

dans les faits: il ya 2 FTM et unE FTU................
surfashionnisation des FT wathever...constatée de longue date en intra milieu LG et en milieu pseudo queer.......
Comment parer à celà?

plein de questions et de constats me font actuellement gerber dans le pseudo queer devenu un pr^tt à consommer d'images fashion...Je manque un peu de temps pour développer.........


la dixième muse étant sous copyright, je ne peux retranscrire que ce que j'ai écrit, qui n'a pas été coupé, juste une erreur de frappe dans le magazine qui enlève le sens d'une phrase...par contre j'avais déliberement fait le choix de publier une image Freaks de moi ( une image perso étant demandée) qui ne ressemble pas à la norme FT....sur-sexualisée en ce moment , mais bizarrement elle n'a pas été publiée.......pas assez vendeur...???

la photo que j'avais demandée est celle ci:




et celle mise est celle ci:







"........ BIO express :

Je suis unE individuE qui par moments utilise la photographie comme moyen d'expression et de résistance..

__ C'est quoi le genre pour toi__ ?

Je tiens d'abord à préciser que le genre n'est pas, pour moi, la construction sociale du sexe biologique ( le genre est un concept créé dans les années 50 aux États Unis par Stoller et Money, deux psychiatres et psychologues travaillant sur le “transexualisme” et la reassignation des enfants intersexuéEs.). Le genre préexiste au sexe et le produit en lui donnant l'illusion du naturel ( tout en invisibilisant cette production). C'est un rapport social de pouvoir qui produit et entretient le système heteronormatif (2 genres, 2 sexes, relation hétérosexuelle avec pour but la reproduction). Dans ce sens il fonde la société en tant qu'hétérosexuelle.( cf Wittig) En tant que dispositif créé et au service du pouvoir biopolitique , il est à detruire car il maintient l'oppression d'une categorie sur une autre, exerce un controle permanent des individuEs via une grille de lecture normative qui définit ce qui est “humain” de ce qui ne l'est pas. Il exclut donc du domaine du “pensable” toute personne ne pouvant être identifiée clairement par cette grille. Dans ce sens , le féminisme a pour objectif final la destruction du genre; ce qui ne veut pas dire qu'il faut ignorer ou nier la réalité des catégories sociales de genre et leur relations. Le genre (en tant que dispositif de régulation au service du pouvoir) au même titre que le sexe n'a pas de caractère naturel , rien ne préexiste à sa production. L'injonction au genre (l'obligation à se définir de manière genrée) qui précède l'assignation (mâle ou femelle par le système) , a pour unique réponse le genre binaire et la résistance au genre ( en tant que système) ne peut donc se faire qu'à l'intérieur de celui-ci par des productions multiples, toujours changeantes ( non fixes),de “genres” qui viennent mettre à mal les deux genres binaires et en montrent leur caractère construit politiquement et donc arbitraire et contestable. Il me semble important dans cette subversion de ne pas ériger via ces “productions” de “genres” “degenréEs”, de nouvelles normes, de nouvelles injonctions....à une nouvelle norme identitaire “queer” ou “freaks”.

  C'est quoi ton genre ?

Avec un certain sourire je dirais “bad”,en référence à une certaine irrévérence à “l'ordre des genres”. Sinon no gender, je suis juste unE individuE.

_Dans ta transition est ce qu'il y a eu un moment important ? quel est ton meilleur souvenir ? et le pire ? :

Cela va être très court: au sens usuel du terme je n'ai pas transitionné.

Je ne vais pas d'un point à un autre ni d'un genre à un autre.

Il y a juste un fait: j'ai été assignéE femelle à la naissance et depuis je suis et serai toujours en “transition” vers moi...un moi qui n'a pas de nom dans cette société.

Beaucoup de personnes pensent, depuis que j'ai effectué une modification corporelle ( “torsoplastie”), que je suis FTM... Ce qui n'est pas le cas, mais il est intéressant de noter que certaines modifs corporelles, qui touchent des zones du corps qui ont été etiquettées feminines ou masculines, et donc par extension qui definissent le genre de la personne, soient tout de suite lues à travers une grille heteronormative binaire, qu'on se situe dans un “milieu” informé ou non.

  Beaucoup de personne mélange sexe biologique, genre et orientation sexuelle qu’est ce que tu as envie de leur dire ?J

e dirai juste, parce que j'ai déjà développé la question sur le genre plus haut, que ce sont 3 concepts distincts mais qui font partie d'un système et qu'on ne peut donc les analyser séparément. J'ajouterai que ces trois concepts n'ont de sens que dans une logique de société hétérosexuelle.


Qu'est ce que tu aimerais comme changement dans la société ?

J'aimerai que chaque individuE soit respectéE en tant qu'individuE et ne soit plus abordéE en premier et dernier lieu, par son genre, sa race, sa classe.....

ce qui inclue que toutEs bénéficient des mêmes droits et devoirs.

Et une pensée utopique que les luttes convergent, et qu'elles ne restent pas fragmentées, divisées et donc inefficaces et excluantes....

En gros que l'acquisition de droits pour certainEs ne se fassent pas en piétinant d'autres personnes... Moins de contrôle extérieur,...que chacunE puisse être libre de disposer de sa propre personne sans que l'état intervienne..

Une solidarité effective , la sortie du capitalisme pour une gestion plus collective de nous même ...

  Comment définis tu ta démarche en temps que photographe ? Qu'est ce qui t'inspire ?

Je vais faire assez simple , la photographie est pour moi un outil privilégié au service de ce que je souhaite exprimer.

Je fonctionne essentiellement par projets et non par images chocs.

J'essaye dans ma démarche et notamment pour “fucking genders” de ne pas “assigner” les personnes à une image fixe et non voulue de leur part. J'essaye de pas tomber dans le piège d'« un discours sur »et de laisser la place « à un discours de » ( chaque personne a pu se mettre en scène, s’autodéfinir sur un schéma , ainsi qu’expliquer comment ellE se positionnait à un moment donné par rapport au binaire, au genre)….Même si cela passe par le filtre de mon regard...

je n'ai pas une démarche particulièrement esthétique : l'émotion que mes images peuvent créer prime sur la “ beauté” , le côté “joli”...

J'ai une une préférence pour le noir et blanc , je ne separe pas la photo dite “traditionnelle” argentique des autres modes de production d'images, ni ne les hierarchise.

Ce qui me touche emotionnellement m'inspire, cela peut etre un paysage un visage, une injustice....

j'aime aussi les errances dans des “no humans'Land” en compagnie de mon appareil.

 As tu une actualité pour les mois à venir ?

-La vidéo « destroy Genders or fucking Genders : pour une societe non binaire »sera projetée au festival XXYZ 5 qui se déroulera du lundi 23 février au samedi 28 février, 2009, à Toulouse/France.

-l'exposition devrait partir en Belgique au mois de septembre dans le cadre d'un festival organisé par GenrEs au pluriel

-Je travaille actuellement à essayer de la faire traduire en anglais, allemand et espagnol.

-j'ai plusieurs projets en tête, mélangeant photographie, vidéos,sons, arts plastiques divers:

- « Réfractaires au genre »

-un projet plus global sur l'antipsychiatrie, l'enfermement et le contrôle sur nos personnes

 Si tu dois conseiller un livre quel serait’il ? Un film ? Dans les derniers qui m'ont marqués:

« l'ordre des mots » de C.et M. ARRA,

Shortbus,

XXY...

Sinon j'adore P.ALMODOVAR, D.Cronenberg, D.llYNch, Ozon, W. Wenders...

Pour les livres:

« trouble dans le genre « de J.Butler,

et quelques auteurEs qui m' apportent enormement :

"l'insoutenable légèreté de l'être" M.KUNDERA;

CAMUS, wittig,K.BORNSTEIN, L.FEINBERG, Baudelaire, Rimbaud,V.Despentes, K.Pancol, G.LETOUZE" dis moi quelque chose", N.Brehal"les corps celestes, L.Extebarria "Amour Prozac et autres curiosités V.DESPENTES,

ISAAC ASIMOV et ses histoires de robots, Theresa De lauretis,, Preciado, « Le manifeste cyborg : la science , la technologie et le féminisme-socialiste vers la fin du XXème siecle « par Donna Haraway DORLIN,

Quelle question aurait tu aimée que je te pose ? Qu'aurais tu répondu ?

Je n'ai plus assez de place, (sourires); je suis unE grandE bavardE.

*le E est une marque de “dégenration”,

la langue française étant énormément genrée.


mon site:

http://naiel.net/