mercredi, mai 16 2018

NEW PROJECT : personnes trans , intersexes et de genre non conforme de plus de 40 ans

NEW PROJECT : personnes trans , intersexes et de genre non conforme de plus de 40 ans ( négociable autour de 40 ans c'est jouable )

Merci de faire tourner dans vos réseaux/ adresse de contact naiel [at]naiel.net 
à partir de 37 ans c'est ok ///


Bon, pour une fois, je pense faire un projet photo sans trop réfléchir : juste photographier chez yels , elles, eux les personnes trans, intersexes et de genre non conforme ( politisé-es et non politisé-es sur ces questions) de plus de 40 ans ( négociable autour de 40 ans c'est jouable ) et les laisser raconter leurs luttes leurs vies et comment yels voient les questions trans, intersexes et autres luttes aujourd'hui... si vous êtes interéssé-es contact en mp , je me déplacerai cet été. 

Un aperçu de mes différents travaux est visible sur ces 3 principaux sites :


http://naiel.net/Fucking/fucking01.htm
blog.naiel.net 
naiel7.wixsite.com

La méthodologie sera un peu la même que pour "fucking genders" , passer du temps avec les gentes , les rencontrer vraiment et les laisser parler avec un questionnaire pour éviter la difficulté parfois de se dire, mais qui laissera une place large à la parole libre ... Loin du sensationnalisme, des transformations spectaculaires que demandent les médias, des avant/ après obligatoires , bref si vous connaissez mon travail , vous voyez de quoi je veux parler...

mercredi, octobre 7 2015

"Monstrous Bodies or Don’t call me straight" 5 Avril 2015

"Monstrous Bodies or Don’t call me straight" 5 Avril 2015

web_sat-_3311_CLEAN__copie.jpg

"Monstrous Bodies or Don’t call me straight" 4 Avril 2015

"Monstrous Bodies or Don’t call me straight" 4 Avril 2015

web_sat-BLUE_3309_CLEAN_v3_copie4.jpg

"Monstrous Bodies or Don’t call me straight" 3 Avril 2015

"Monstrous Bodies or Don’t call me straight" 3 Avril 2015

web_sat-_3313_CLEAN_v3_copie.jpg

"Monstrous Bodies or Don’t call me straight" 2 Avril 2015

"Monstrous Bodies or Don’t call me straight" 2 Avril 2015

web_sat-BLUE_version_cleanV3.jpg

"Monstrous Bodies or Don’t call me straight" 1 Avril 2015

 "Monstrous Bodies or Don’t call me straight" 1

WEB_sat-BLUEMG_3302_V3.jpg

"Monstrous Bodies or Don’t call me straight" Avril 2015

"Monstrous Bodies or Don’t call me straight" Avril 2015

WORK IN PROGRESS ( texte à terminer)

Cette série parle de la monstruosité des corps par rapport aux normes de genre binaires et

vient percuter le concept de "différence des sexes" construit historiquement. la monstruosité des corps trans, genderqueer représente un impensé impensable quiva en retour produire des corps et des personnes lus comme monstrueux.

Comment se réapproprier cette monstruosité normative et en faire une "fierté"?

 Ici il n'y a pas de spectaculaire , ni d'organes génitaux montrés, rien qui ne reproduise la transphobie d’état et psychiatrico-juridique, pas plus que ce que souhaite le monde de L'Art avec sa fascination et son exotisation des corps trans, intersexes sans jamais relayer les paroles des personnes concernées.

Tout le monde peut travailler sur le genre, mais quand ce travail vient servir les carrières de certain.es artistes sans que ceulles-ci ne se soucient le moins du monde que ce sont des vies réelles de personnes qu'ellesviennent représenter et participent de ce fait à une politique transphobe, queerphobe tout en se félicitant d'être subversif, qui sert l'Art?

WEB_MONSTROUS_BODIES_WEB.jpg

lundi, octobre 5 2015

as a gay no-man

as a gay no-man

WEB_DSC0853_copie_3.jpg

bodies' ways

Bodies' ways

WEB_DSC1830_copie.jpg

samedi, octobre 18 2014

18 ème Existrans 2014

Existrans 2014 le 18/10/2014, Paris ( la 18ème)

_DSC1274.jpg

D'autres photos ici:




et plein d'autres sur mon mur facebook 
et sur le Fb du collectif et de l'evenement existrans

Le communiqué de presse

COMMUNIQUÉ DE PRESSE du lundi 13 octobre 2014 – EXISTRANS #18 – 18 OCTOBRE 2014 – 14H – STALINGRAD

La dix-huitième édition de l’Existrans – la marche des personnes Trans & Intersexes et des personnes qui les soutiennent – aura lieu cette année le samedi 18 octobre, avec un cortège qui partira de Stalingrad à 14h. Nous y ferons entendre nos voix pour défendre les revendications portées par le collectif Existrans et de très nombreuses organisations trans, intersexes et solidaires, afin de faire reculer les multiples discriminations et violences transphobes et la précarité sociale qui frappent les personnes Trans et Intersexes.

Au lieu de prendre enfin en compte l’urgence de la situation, au lieu de prendre rapidement les mesures promises, le gouvernement et les parlementaires de sa majorité continuent de s’enfoncer dans un immobilisme irresponsable, laissant au contraire se développer dans un silence complice des attaques répétées contre le « gender » et « l’indifférenciation des sexes » qui peinent à cacher leur transphobie derrière les slogans aussi idiots que blessants de l’autoproclamée « Manif pour tous », avec son cortège agressif deVeilleursPrintemps français et autres promoteurs de haine.

Toute cette violence est particulièrement dirigée contre nos existences, contre la diversité des réalités trans et intersexes, contre la réalité de nos corps, de nos identités et de nos vies. Elle nous frappe dans une indifférence quasi générale et sans que les responsables politiques au pouvoir ne fassent le moindre geste pour nous protéger concrètement, et s’opposer enfin par leurs actes et leurs décisions à ceux qui voudraient effacer nos différences, effacer notre existence d’un coup de gomme hargneux.

« Changement d’État-civil libre et gratuit

Promesses non tenues : les trans et les intersexes sont dans la rue ! »

Depuis un an rien n’a changé, et nous le répétons : le gouvernement doit tenir ses engagements et déposer sans délai un projet de loi qui nous permette de disposer librement de nos identités, de nos corps et de nos vies sans subir en permanence les violences médicales, psychiatriques, administratives, judiciaires et sociales, qui nous blessent, nous précarisent et nous mettent tout simplement en danger !

Aussi, nous exigeons :

  • Le changement d’état-civil libre et gratuit devant un officier d’état-civil, sans condition médicale (ni stérilisation ni suivi psychiatrique), sans homologation par un juge
  • Le libre choix des parcours médicaux, sur la base du consentement éclairé, avec le maintien des remboursements en France et à l’étranger
  • Le démantèlement des équipes et protocoles hospitaliers et la formation des médecins et chirurgiens français pour un suivi médical de qualité, respectueux et dépsychiatrisé
  • La formation et la sensibilisation des personnels en contact avec les personnes trans et Intersexes (santé, éducation, social, administratif, justice, prisons, etc), en lien avec les associations trans et Intersexes
  • La mise en place de mesures pour favoriser l’accès au monde du travail et aux études et pour protéger les salariéEs trans et Intersexes
  • Le financement de campagnes de sensibilisation, en collaboration avec les associations trans et Intersexes, pour lutter contre la transphobie et pour la visibilité des Intersexes
  • Le financement de la recherche et de la communication sur la santé des personnes trans et Intersexes et de leurs partenaires (VIH/sida, hépatites, IST, effets des traitements à long terme, interactions médicamenteuses, etc)
  • L’abandon des projets de lois contre le travail du sexe précarisant et mettant en danger les personnes trans et Intersexes concernées et l’abandon de tout projet visant à pénaliser les clientEs
  • Le respect des droits humains pour les personnes trans et Intersexes en milieu carcéral
  • La reconnaissance et la prise en compte de l’extrême fragilité sociale des personnes trans et Intersexes migrantEs sans papiers dans les demandes de régularisation
  • La prise en compte par les médias du kit de l’Association des Journalistes LGBT (AJL) pour le respect des personnes trans et Intersexes
  • L’arrêt immédiat des opérations et des mutilations sur les enfants Intersexes, l’accompagnement psychologique de leurs parents et l’accompagnement à l’auto-détermination des Intersexes, conformément à la résolution 1952 (2013) du Conseil de l’Europe pour le droit des enfants à l’intégrité physique
  • L’accompagnement des enfants et adolescents dans leur autodétermination, y compris le respect et la protection de toute expression de genre, le respect des prénoms et genre choisis, notamment dans le cadre scolaire, l’accès sur la base du consentement éclairé aux traitements hormonaux et/ou bloquant la puberté, comme aux autres traitements ou opérations, et l’accès au changement d’état-civil

Il est urgent que l’ensemble de ces mesures légitimes, cohérentes et vitales soient prises en compte afin que chacunE puisse vivre décemment et librement, en conformité avec les recommandations internationales guidées par les principes de Jogjakarta[1] et les directives européennes en matière de droits humains, fondées sur le respect de la dignité humaine et le droit à disposer de son corps.

Comme nous le dénoncions déjà il y a un an, toutes les tentatives de dépôts de loi ont été mises au placard, et les rares parlementaires qui se préoccupent de la question le font trop souvent maladroitement et sans consulter nos organisations… Les promesses faites aux personnes trans et intersexes nous semblent aujourd’hui bel et bien enterrées. Pendant qu’en Argentine, au Danemark et ailleurs, des lois ambitieuses ont été promulguées, la France nous abandonne à notre sort, tout en donnant des leçons à la planète entière dans de vibrants appels au respect des droits humains… Cette occultation insupportable de nos revendications signifie, pour les personnes trans et intersexes, le maintien voire l’aggravation des multiples discriminations et violences qu’elles subissent.

En un an, en deux ans, en dix-huit ans, rien n’a changé.

Sans aucun droit, stigmatiséEs et maintenuEs dans un système violent, discriminant, et injuste, les personnes trans et intersexes restent soumiSEs à l’arbitraire médical et juridique, à la psychiatrisation et à la pathologisation, à la stérilisation ou à la non reconnaissance légale de leurs identités.

Le 18 octobre prochain,venons en nombre faire entendre nos voix, avec un soutien large, inconditionnel et sans faille de touTEs nos amiEs et alliéEs !

 

Le changement, c’est maintenant. C’est de nos vies qu’il s’agit !

 

CONTACTS PRESSE : Coline et Jules – existrans@gmail.com – 07 82 83 11 56

SIGNATAIRES :

Acceptess-T, Acthe, Act-Up Paris, ADHEOS Centre LGBT Poitou-Charentes, AGILE, AIDES, Andbraiz, AQTIA, Arcat, ARDHIS, Association Nationale AcronymeS, Association nationale transgenre (ANT), Black Caucus France | Union française des étudiant/e/s & diplômé/e/s africain/e/s & ultramarin/e/s & de leurs proches, Cabiria, C’est Pas Mon Genre !, Centre Gay, Lesbien, Bi et Trans de Rennes, Centre LGBT de Nantes, Centre LGBT de Normandie, Centre LGBT Côte ‎d’Azur, Centre LGBT Paris Île-de-France *, CIGaLes centre LGBT Dijon-Bourgogne, Collectif 8 mars pour toutes, Collectif G.A.R.Ç.E.S., Collectif Non à Guerlain! Non à la négrophobie !, Collectif Ouiouioui, Comité Idaho, En-Trans, Couvent de Paris des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, Djendeur Terroristas, EFiGiES, Equinoxe Nancy Lorraine – Centre LGBT de Lorraine-Sud, Europe Ecologie – Les Verts, Fédération LGBT, Fédération Total Respect (Tjenbé Rèd), femmes en lutte 93, FièrEs *, GAGL45(Groupe Action Gay et Lesbien du Loiret)-CLGBT Orléans, GLUP (Groupe LGBT des Universités de Paris), HANDIMOUV’, HES (Homosexualités et Socialisme), Homogène- Centre LGBT du Mans, HomoSFèRe, IDEM, IMP’ACT – association des diversités landaises, Inter-LGBT *, Isom | Initiative Sida Outre-Mers, J’En Suis, J’Y Reste – Centre LGBTQIF de Lille Nord-Pas de Calais, Kiosque Infos Sida, la commission Égalité des droits de Ensemble !, La Gom’53, La Pédale Imparable Saint-Étienne, Le Planning Familial national, Le Refuge, Les Dé-Chaînées, Les Dégommeuses, Les Flamands Roses groupe LGBTQIF de Lille, LGBT/OM | Fédération lesbienne, gaie, bi & trans des Français/es d’outre-mers & de leurs proches, MAG Jeunes LGBT, Observatoire des Transidentités (ODT), OII (Organisation Internationale Intersexe) Francophonie, Onzième Dom | Amicale des Français/es d’outre-mers du XIème arr. de Paris & de leurs proches, osed.fr, OUTrans, Pari-T, Shechora Ani Venava (Amicale juive des personnes lesbiennes, gaies, bi & trans de couleur), Rainbow Brest, Rainbow Caucus France (Union française des étudiant/e/s & diplômé/e/s queers & de leurs proches), SIS Association, Stop homophobie, TGEU (Transgender Europe), Traits d’Union Centre LGBT de l’Yonne, UJ2FOM (Union juive des Françaises & Français d’outre-mers), Vela (Vigilance lesbienne, gaie, bi, trans & intersexe Aix-en-Provence, What The Film!

Le Collectif Existrans soutient la campagne internationale Stop Trans Pathologization dont le mot d’ordre est « Stop Trans Pathologization – Stop Pathologizing Gender Diversity in Childhood – For the Diversity of Gender Expressions and Identities ».

SOUTIENS : Amnesty International, Le Parti de Gauche, SOS Homophobie

[1] Les Principes de Yogyakarta sont une série de principes sur l’application du droit international des droits de l’homme en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre pour la protection et pour l’interdiction absolue de la discrimination contre les personnes LGBT et intersexuées selon la Déclaration universelle des droits de l’homme.

*L’Inter-LGBT et Le Centre LGBT Paris Île-de-France n’ont pas de positionnement sur la question de prostitution. FièrEs se prononce contre tout projet de loi précarisant et mettant en danger les personnes prostituées (qu’elles soient trans, Intersexes ou cisgenres) mais n’a pas de position sur la pénalisation des client.e.s.

http://existrans.org/

mercredi, juillet 10 2013

quelques photos de l'exposition "Borders identities": Aux marges des identitéS en ce moment à Marseille

Quelques photos de l'exposition "Borders identities": Aux marges des identitéS en ce moment à Marseille

http://blog.naiel.net/index.php?post/2013/06/29/Aux-marges-des-identit%C3%A9s-Borderline-identities-du-6-juillet-au-5-aout-sur-Marseille

0-WEB-P1010263.jpg

1_BIS-P1010265.jpg

2_WEB-P1010266.jpg

3_TER_-P1010274.jpg

3_WEB_-P1010269.jpg

4_WEB_-P1010270.jpg

vendredi, mars 22 2013

exposition 5eme festival de lutte contre les discriminations -Montpellier -du 2 au 19 avril 2013

07_n.jpg

08_o.jpg09.jpg

Les autres artistes sont présentéEs ici:

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.360663920719223.1073741833.352641778188104&type=1


le programme:

01n.jpg

02_n.jpg

03n.jpg

04_n.jpg

05.jpg

06_n.jpg

Quelques photos ici:

https://www.facebook.com/352641778188104/photos/t.1538242185/368540239931591/?type=3&theater

https://www.facebook.com/352641778188104/photos/t.1538242185/368540233264925/?type=3&theater

https://www.facebook.com/352641778188104/photos/t.1538242185/368540046598277/?type=3&theater

vendredi, mars 1 2013

Têtu, article: Ni fille , ni garçon, ils sont de genre inconnu

http://www.tetu.com/2013/03/07/news/ni-fille-ni-garcon-ils-sont-de-genre-inconnu/

Ni fille, ni garçon, ils sont «de genre inconnu»

«C’est une fille ou un garçon?» demande-t-on toujours à la naissance. Pourtant, il arrive que certains ne se reconnaissent dans aucune de ces deux catégories. Pour TÊTUE, ils témoignent.

La langue française s’accordant soit au masculin, soit au féminin, nous avons utilisé les pronoms choisis par nos interlocuteurs. Dans leur citation, nous respectons leur demande de « neutralité », en écrivant, par exemple, « étonnéE » ou « étonné.e ».

Vincent «cherche l’embrouille», selon son expression. Crâne rasé, chemise bien boutonnée, il sème le doute (photo ci-dessus). Autour de lui, les gens s’interrogent, est-ce un homme, une femme? Né, ou «assigné» fille, il se définit aujourd’hui comme FtU, ou «female to unknown», de femme vers inconnu. Pas vraiment fille, mais pas garçon non plus, et vice-versa, il fait partie de ces «agenres» qui veulent se détacher de ces étiquettes qui ne leur correspondent pas. Si le mouvement transgenre a pu bénéficier de la visibilité médiatique de certains trans tels que Chaz Bono, Lana Wachowski, il ne faudrait pas oublier ceux qui décident de… ne pas décider.

L’importance d’internet
Co-fondateur du Gat, organisation à quatre têtes trans aux actions perçues comme radicales, et aujourd’hui dissoute, Vincent se questionne sur son genre dès l’adolescence, bien avant de s’interroger sur son orientation sexuelle. Binder dès 13 ans, il veut alors devenir un homme et fréquente les milieux trans. « »Butch » ne me plaisait pas, je ne me reconnaissais pas en elles, et être trans m’a fait trop peur» explique-t-il. Ceux qu’il côtoyait reproduisaient une forme de division hommes/femmes. «Je croyais que transitionner allait m’ouvrir des perspectives, mais passer de fille à garçon, c’était remplacer une aliénation par une autre», raconte-t-il aujourd’hui, en ayant à cœur de préciser qu’il respecte tout à fait le positionnement de ceux qui choisissent de passer d’un genre à l’autre.

Pour Vincent comme pour d’autres FtU, la démocratisation d’internet dans les années 2000, l’arrivée du mouvement queer en France et la création d’assos trans ont été salvateurs. Quand Lô (photo ci-dessous), 23 ans, commence à aller dans des ateliers autour de la transidentité à Rennes, en les découvrant par hasard sur le net, les «unknowns» étaient un sujet peu connu. Ce qui l’a aidé, c’est d’écrire dans son blog, créé en août 2011. Avec ce journal «extime», où l’on suit le cheminement de sa pensée, il sent qu’il n’est pas tout seul, que d’autres se questionnent aussi. C’est un moyen de se réinventer aussi, d’être enfin celui qu’il veut être. Sur le net, Lô a pu cocher en toute liberté la case «M» sur son profil de blog – à défaut d’un autre choix – et n’a eu aucun problème à faire accepter son nouveau prénom Lô, qui est un prénom suédois et… neutre.

«Je ne suis pas une fille»
Etre non-genré, ça veut dire quoi pour lui? «Je dirais que c’est quelqu’un qui se sent détaché des questions de société qui ne reposent que sur la bipolarité homme/femme. Ça me passe au-dessus, ce sont des propos qui n’ont aucune légitimité.» Comme un spectateur dans un monde dont il se sent exclu. C’est seulement au printemps dernier qu’il a réussi à mettre des mots sur son ressenti. A l’adolescence, il s’est d’abord défini comme lesbienne. «J’étais perturbé quand j’ai su que je préférais les filles, je me suis dit que c’était juste une orientation sexuelle, sans chercher à comprendre mon mal-être inqualifiable». Mais finalement, le fait de se dire «je ne suis pas une fille» a été facile pour lui.

Enfant déjà, il parlait de lui au masculin sans s’en rendre compte avant qu’un prof de français ne le pousse à se corriger. «C’est après que ça se complique», se souvient celui qui compare le fait de vouloir vivre dans monde sans pression de genre à celui de vouloir vivre sans religion à une époque où être athée était inconcevable. «Je rejetais une certaine vision de la féminité, je n’avais pas envie d’être  »élégante », de porter des jupes, je me réfugiais derrière les survêts’, se souvient-il. Maintenant j’accepte beaucoup plus ma part féminine. Je n’ai jamais porté autant de talons que depuis que je me définis comme FtU. Ça dédiabolise les genres.» Aujourd’hui, dans les magasins, il se balade autant dans les rayons homme que femme.

Coquetterie et stars de la K Pop
C’est la découverte d’un univers plutôt particulier qui l’a aidé à s’accepter, et à se réinventer: celui de la KPop, ou pop coréenne pour les novices. Véritable sous-culture en Asie, cette musique a beaucoup d’adeptes aussi en France. Les boys bands asiatiques y affichent une masculinité très différente de celle commune en Occident: les hommes n’hésitent pas à se laisser pousser les cheveux, à se maquiller ou à porter des vêtements cintrés.

Lô a été plus que séduit par cet univers. «Là-bas, il n’y a pas les même stéréotypes masculins qu’ici. C’est l’image de la masculinité que je me projette moi, que je préfère. Autant dans le physique que dans le comportement. Ils ne sont pas bodybuildés mais imberbes, propres sur eux.» Selon lui, si la société coréenne reste très binaire, dans la jeune génération, les garçons peuvent se permettre plus de coquetterie. Quelles stars de la K Pop aime-t-il plus particulièrement? «G Dragon, un grand chanteur coréen, ou Ren des Nu’EST, ils représentent l’androgynie pure. Une telle liberté… c’est une chance!»

«On a un problème sémantique!»
La maîtrise du langage est une donnée essentielle de la subversion de genre, et se «nommer» comme on l’entend, la première action politique. Bigenre, queer, trans, genderbenders… Le mouvement queer n’est pas avare de mots et c’est cette profusion qui exprime au mieux cette volonté de ne rien figer, d’être en mouvement permanent.

«On a un problème sémantique!», sourit Aurélie.n, étudiant à Sciences-Po Paris, qui préfère écrire son nom de cette manière pour qu’on puisse le lire au féminin comme au masculin. A l’écrit, comme bien des agenres, il accorde ses phrases au «neutre» en utilisant le même procédé. «Je pourrais dire que je suis agenre. Ou plutôt transqueer.» Mais à vrai dire, ça lui est égal… «La revendication est déjà assez forte en elle-même. Je me décris plus que je me nomme.»


«Injonction à se genrer»
Naïel, photographe, a choisi «FtU». «Ce qui m’intéressait dans cet anglicisme, c’était de montrer l’assignation forcée à un sexe/genre à la naissance, et l’injonction à se genrer qui la précède, et le mouvement vers un devenir… sans point fixe à atteindre, car je ne connais pas ce point et que nous sommes en permanence en changement.»

Et son prénom? «Il est le fruit de la contraction de Nat-il/el. C’est un prénom construit, politique et choisi, comme peut l’être cette foutue binarité des sexes et des genres que l’on pense « naturelle » et qui régit notre société. Il n’y a pas de nature dans ce système binaire, seulement des constructions sociales, politiques, culturelles… qui divisent en deux l’humanité afin de légitimer l’hétérosexualité obligatoire, et donc le sexisme l’oppression d’une catégorie par une autre, les normes… et toutes les discriminations et violences qui s’exercent sur des personnes ditEs A/NormalEs», s’énerve-t-Naïel, qui tient à utiliser un E majuscule pour que les mots soient dégenrés. Contrer ce système binaire, c’est aussi choisir d’utiliser «yel» et non «il» ou «elle» pour parler de soi.

Quels pronoms?
D’autres n’optent pas pour des prénoms neutres. C’est le cas de Vincent, qui, en choisissant ce prénom, se libère d’une double pression, celle qu’un prénom féminin induit et celle de son origine asiatique. Un moyen aussi d’incarner visuellement cette mise au bûcher du genre: sur sa carte d’identité s’affiche fièrement «Vincent, sexe: F». Et si certains accordent leur vie au masculin, en utilisant le pronom «il» pour parler de soi, c’est «par défaut» dit Lô, parce que dans la langue et la société françaises actuelles, il renvoie toujours au neutre. «A la poste, quand on me dit « bonjour madame », je ne peux pas les reprendre, et dire « non, Monsieur », ce serait faux et difficile à demander vu mon passing (chez les trans, le fait d’être perçu comme appartenant au genre auquel ils s’identifient, ndlr) actuel. J’aimerais dire « un bonjour suffit »», dit-il.

Là où la langue bute, Justin Vivian Bond l’a contournée. Cet artiste américain aperçu dans l’étonnant film Shortbus a choisi une autre voie, celle de la lettre «v» (prononcer «vi» en anglais), à la place de «il » ou «elle». Le «v» donc «illustre visuellement la position de mon genre, à savoir deux côtés égaux qui se rejoignent au milieu».


Réinventer les corps
Comme ils réinventent la grammaire, les queers, et ici les unknowns, réinventent le corps, qui devient un «laboratoire de la réalité», comme dirait Beatriz Preciado dans Testo Junkie. L’objectif de Lô: des hormones, une mastectomie et une hystérectomie. En attendant, il porte des binders. «Je me vois mal comme ça toute ma vie, avec cette répartition des graisses. Ce n’est pas pour autant que je veux un corps d’homme stéréotypé, j’ai une autre vision de la masculinité et certains aspects de mon idéal ne sont possible qu’avec la testostérone.» Et s’il avait une baguette magique, choisirait-il un corps tout à fait masculin? «Je m’en fous royalement, je ne ferai pas de parcours de transition classique. Comme la place du masculin dans la société me correspond plus que celle du féminin, parce qu’il faut bien choisir, je transitionne. Mais la phalloplastie et la métaidoplastie ne m’intéressent pas car elles sont beaucoup trop intimes et inutiles pour moi», affirme-t-il.

«L’androgynie est la maison que j’ai choisi», explique Vincent, qui a lui-même pris des hormones et effectué une torsoplastie. Il avait besoin d’incarner sur le plan chimique et biologique cette discordance. Car «Frankenstein est palpable» dit-il, revendiquant cette figure du monstre, du «freak», créé par l’homme. «La société m’a crééE, elle a créé tous les rejetons, les trans, les intersexes. Ils n’ont pas de places alors ils créent les identités multiples, des territoires de résistance. C’est formidable! Je me ferais chier si je n’étais pas trans…»

Voyage initiatique à San Francisco
Aurélie.n, lui, n’a pas tenté d’avoir une apparence androgyne. Entre sa coupe courte et ses habits masculins, de prime abord rien ne semble présager qu’il se questionne sur son genre. «J’ai un corps biologiquement masculin, qui me plait et me convient, mais je suis socialement considéré.e comme une femme. Je me vois à la fois comme un peu homme et un peu femme, je ne me pose pas souvent la question… Ce qui est fou, c’est que les autres disent, « tu es une vraie femme, regarde comme tu marches »», souligne-t-il. Ni homme, ni femme, il vogue confortablement quelque part entre les deux. «Je ne me retrouve pas dans la mode gay, l’importance des corps sculptés qui témoigne d’une certaine homonormativité. Je n’y retrouve pas la diversité, les corps plus pulpeux comme le mien. Quand tu es très différent, trop vieux ou trop gros, tu es exclu de cet univers-là.»

C’est à San Francisco, lieu de toutes les subversions queer, qu’il est passé d’un militantisme gay «classique» à d’autres réflexions identitaires. «J’y ai rencontré des gens qui revendiquaient deux genres, ou pas de genre du tout: toute une galaxie de constructions identitaires», raconte-t-il. De quoi faire réfléchir et donner des «clés d’interprétation» à celui qui avait du mal à trouver sa place plus jeune. «J’étais exclu.e du groupe des garçons. Je n’aimais pas le foot, pas la bagarre, je n’étais pas assez garçon. On me traitait de gay alors que je ne me considérais même pas encore comme tel. Et j’étais tout aussi exclu.e des groupes de filles, qui en arrivaient toujours à avoir des « secrets de filles »», se souvient-il. Si aujourd’hui il est à l’aise avec son (non)genre, il ne s’interdit rien: demain il pourrait se penser garçon, ou fille, ou… La grande leçon des agenres, c’est que l’identité n’est jamais figée.

Photo Naïel: Naïel.
Photos: DR.

dimanche, août 19 2012

Trans/Jections serie 1 image 1

TRANSJECTION 1_naiel

Trans/Jections serie 1 image 2

TRANSJECTION 2_naiel

Trans/Jections serie 1 image 3

TRANSJECTION 3_naiel

Trans/Jections serie 1 image 4

TRANSJECTION 4_naiel

Trans/Jections serie 1 image 5

TRANSJECTION 5_naiel

Trans/Jections serie 1 vue d'ensemble et texte

 

Trans/Jections

Cette série est un essai , à un moment donné, de se projeter dans un avenir incertain et inconnu , alors qu'une modification corporelle est en cours à l'intérieur de mon organisme.

Comment me penser de moi à moi, pendant le processus incessant de transformation de mon être provoquée par l'administration d'une technologie dite "de genre", mais qui a d'abord été une technologie "de dopage", pour lutter contre une maladie qui envahit mon être?

Comment me projeter dans un paraître dont je n'ai pas fait le choix?

Ce par/Être qui n'est choisi par aucun être humain, mais qui , là, aura à moyen ou long terme , pour conséquence de me faire basculer dans une lecture genrée radicalement différente?

Comment me penser dans ma contradiction interne de refus du genre et de la conséquence inévitable de mon expérience médicale? Et ce "me penser", c'est aussi et surtout penser les effets du par/être au sein d'un système binaire.

Comment le changement radical des interactions sociales, du à cette nouvelle lecture de moi par les autres, va en retour me changer? Et comment parer à ce par/être?

Cet essai n'a pas de fin en soi, c'est une exploration par l'image des interactions permanentes et infinies de tous les processus qui nous cons/dé/re/truisent et nous font advenir ou non en tant qu'être humain ( tel qu'il est défini par la société dans laquelle nous vivons).

Trans/Jections série 1:

shoots réalisés avec un 550D canon n en juin 2011, diptyques commencés en janvier 2012 terminés en aout 2012.

vue d'ensemble:

TRANSJECTION 1_naiel

TRANSJECTION 2_naiel

TRANSJECTION 3_naiel



TRANSJECTION 4_naiel

TRANSJECTION 5_naiel

vendredi, mars 2 2012

« Désa-corps : Corps non-normés » Février 2012/ photo 2:As a sissy boï, as a fem,..../ a-Normal-E

2_AS_A_SSISY_BOI_AS_A_FEM.a-normal-E_WEB.jpg

As a sissy boï, as a fem,..../ a-Normal-E

texte ici

http://blog.naiel.net/index.php?post/2012/03/02/Participation-au-concours-photo-th%C3%A8me-%3A-%C2%AB-D%C3%A9sa-corps-%3A-Corps-non-norm%C3%A9s-%C2%BB-F%C3%A9vrier-2012/-texte-et-photo-1%3A-nor-m%C3%A2le/-nor-mal-e/a-normal-E

- page 1 de 3