« Désa-corps : Corps non-normés » Février 2012/ texte et photo 1: nor-mâle/ nor-mal-e/a-normal-E

1_nor male- nor-mal-e  a-normal-E

Normâle/nor-mal-e/ a-normal-E

                                                                                           Désa-corps/corps non normés

                                                                                            désa-corps?.. Avec qui ? Avec quoi?

                                                                                       Corps non normés?.. Le corps? Les normes?


Le corps n'est pas un fait donné d'emblée. Il n'y a pas d'ontologie au corps. Il est une production historique dans une société donnée et à un moment donné. ( Il en va de même pour le concept de corps sexué ou genré, les deux concepts ayant tendance à se confondre et à se superposer par la naturalisation de l'un par l'autre; le genre produit le sexe et non l'inverse).
On peut retrouver les étapes de la fabrication du corps sexué dans les sciences médicales notamment qui ont produit certains savoirs situés , qui ont donné lieu à des discours sur le corps , et qui ont fabriqué ce concept tout en l'invisibilisant par un processus de naturalisation.
Il n'en est de meilleur exemple que les crises répétées de ces concepts ( mais présentés comme faits de nature) à travers le temps et l'acharnement déployé par les discours dominants pour les maintenir à tout prix; qui ne montre rien de plus qu'une volonté de maintenir un système politique de production et de régulation des corps par un groupe dominant sur des groupes dominés ( la recherche médicale incessante pour déterminer le "vrai sexe" d'un-e indivu-e et qui est toujours tenue en échec, la non divulgation des recherches qui invalident la différentiation et la supériorité par nature de la classe des hommes sur celle des femmes et de touTEs ceulLEs qui ne sont pas des "vrais hommes" blancs et hétérosexuels,...).
On peut assez rapidement dire qu'en ce qui concerne le corps sexué ou genré, que  les savoirs et discours dominants ont produit une norme de corps genré comme fait de nature:notre société fabrique des corps genrés ( sexués):elle fabrique des hommes et des femmes. Le sexe est un des premiers marquage du corps produit par le concept de sexe.et qui vient révéler celui-ci....

Chaque personne, pour advenir en tant que sujet, a été fabriqué par ces normes en tant que corps sexué (genré) entre autres. Bref ,votre corps ( produit par des normes, façonné par le concept de sexe,...) vient  par un fabuleux tour de passe passe dire le sexe ( qui a produit des corps sexués)...un peu étrange de prendre un effet pour cause, non?

Et, il arrive que parfois, la machine à fabriquer du genre fabrique des "ratés du genre".De sublimes ratés du genre qui viennent littéralement mettre à nu toute cette production invisibilisée du genre et des corps sexués, ces faits de nature si évidents et immuables!
Parce qu'à partir du moment où les concepts de genre, de sexe de corps qui se produisent et s'entrecroisent mutuellement sont des normes, on peut les contester, produire d'autres corporalités qui viennent mettre en péril les discours dominants. Ces corporalités si déviantes qu'elles doivent être réprimées et régulées,  ( comme le sont les corps trans , les corps des femmes...).

Ces photos montrent le point de vue d'un-e sujet-e a/normalE, déviant-e, qui fabrique sa corporalité comme un outil de contestation des normes de genre et de corps. D'habitude, les anormalEs sont toujours appréhendé-e-s comme objet de savoir par les expert-e-s des groupes dominants et n'accèdent au statut de sujet que s'ilLEs sont régulé-e-s et re-fabriquéEs par les groupes dominants pour maintenir et parfois renforcer les normes ( ou le discours dominant).
Ici , plus précisément , c'est le regard d'une corporalité trans-formée, volontairement, d'une corporalité en dé/re-construction , en dé/re-signification qui interroge les normes de genre qu'on lui demande de performer pour accéder au statut de sujet. ( photo 1).

Et parce que, bien qu'on puisse  refuser les assignations et réassignations continues au genre et refuser l'injonction qui les précède , on ne peut s'y soustraire complètement, il est vital de produire des re-significations diverses qui continuent à mettre en crise le genre et ses représentations. Celles ci sont multiples, variables suivant l'espace /temps et surtout demeurent de l'ordre de l'impensable; car ne pouvant être appréhendées que par la grille de lecture ( fournie par les dominants) binaire du genre. ( photo 2).

Alors, s'il existe un quelconque désa-corps, il est social et politique et non privé et personnel: il est entre la production naturalisée des hommes et des femmes et des corporalités issues de l'échec de cette fabrique...Des a/corps,  qui en s'appropriant les moyens de production du genre, viennent désa-ccorder la partition hégémonique du genre qui voudrait rythmer nos vies.
                                
Naïel, 23/02/2012

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