jeudi, septembre 26 2013

Suite des péripéties à Nice pour l'exposition "la cissexualité ce douloureux problème"

Suite des péripéties à Nice pour l'exposition "la cissexualité ce douloureux problème"

Dans le cadre du concours photos polychromes , où j'étais "jury", je devais partir le week end dernier à Nice exposer l'expo qui met à mal la transphobie psychiatrico-juridique d'état. Je n'ai pas pu m'y rendre pour des raisons de santé mais l'exposition est partie et devait être exposée à l'atelier 17 avec une exposition de Marc Lamey et les photos sélectionnées du concours photos polychromes.

Quelques personnes de Polychromes se sont donc chargées de l'installer dans l'atelier 17.

 Effectivement l'exposition est complexe, composée de différents médias, supports et non sécable, bien que j'ai accepté, au regard de la place proposée, d 'enlever certaines photos. Pour faire simple ce travail est un  travail de retournement des représentations sur les trans, des protocoles psychiatrico-médicaux via des citations des psychiatres les plus transphobes, ....

Elle existe pour dénoncer la violence faite sur les corps (ici trans, mais c'est le cas pour d'autres minorités, comme les intersexes,..) et le pouvoir biopolitique qui régit certaines vies . 
C'est pour dénoncer ce système politique,  qui est toujours de rigueur en (f)rance, que j'ai effectué ce travail long et minutieux de sélections de citations, puis de détournement, que le texte de présentation est indispensable pour que n'importe qui puisse comprendre le retournement (les créations qu'on les appelle Art ou autres pour moi doivent être accessibles au plus grand nombre et non élitistes, justement parce que l'art est politique). Il en va de même pour le mini lexique, le schéma des contraintes sur les corps trans, les chapitres, les faux-vrais livres inspirés de vrais livres, le kit du psychiatre spécialisé en cissexualisme, le kit du patient Cis, ..+ une version work in progress du livre en cours et en recherche d’édition.

La galeriste de l'atelier 17 à Nice , samedi dernier, ne souhaitait voir accrochées que le titre de l'exposition et les photos parce que cela faisait joli, lisse dans sa galerie. Après quelques journées au téléphone avec un membre de Polychromes , pour tenter d'expliquer que sans les citations détournées et originales des psychiatres transphobes à coté des photos, sans le texte de présentation de l'exposition, sans le mini lexique, sans les chapitres, sans le kit du psychiatre spécialisé en cissexualisme, sans le kit du patient cis,..Cette expo devenait un  non sens , et ne pouvait être de fait abordée que par une poignée de personnes trans politisées  et connaissant ces parcours de vie.... Que sans tout ce qui la compose cette exposition peut reproduire la violence qu'elle dénonce!

 Effectivement on pourrait se dire que l'Art , la photo parle d'elle-même, en tout cas c'est que souhaite le monde de l'Art dont je ne fais heureusement pas partie. C'est le monde de la photo-choc, la photo émotion, la petite fille en train de crever bien loin , dont on ne connait rien , et qu'on va photographier pendant qu'elle crève..., qui permet à des milliers de téléspectateurs de s'indigner gentiment devant leur poste de télévision..!!! L'Art c'est ce qui ne donne pas la parole aux dominé.e.s dans un système d'oppressions donné, parce que qu'yels n'y ont pas accès, peut -être est- ce notre rôle à nous, qui avons des privilèges, de rendre cette parole entendable? Au moins de donner la parole à toutes ces personnes , leur vie n'est pas une image une photo, leur vie est réelle!!
Pour moi les arts sont multiples et sont partout et sous toutes les formes possibles , effectivement je ne rentre pas dans l'Art. Alors pourquoi m'inviter à exposer?

Sans tout ce qui compose cette exposition , les images peuvent être porteuses de contre-sens et porter préjudice aux communautés trans, en re-produisant ce qu'elle tend à dénoncer....! Et faire taire les messages politiques de minorités est la norme...Comment l'institution culturelle reproduit-elle cela encore et encore?

Bien sur la galeriste n'est pas de mauvaise foi, sauf que c'est moi qui est aggressifE, moi qui suis violentE, bien sur qu'elle ne veut pas faire de mal aux communautés trans...Certes,  mais en enlevant tout les messages politiques, elle fait taire une fois de plus les paroles / critiques qui émergent des minorités....Et cela questionne encore et toujours qui nomme ce qui est violent ou non....Demandez aux meufs qui se sont battues pour leurs droits, comment on les traite toujours  d’hystériques, de violentes, d'agressives quand elles répondent avec des outils, formes qui sont celles des dominants ?Quand elles reprennent du pouvoir sur leurs vies et n'ont plus besoin de la classe des mecs pour vivre....Et bien on en arrive au masculinisme, où les pauvres mecs ont perdu leur" virilité" à cause du féminisme!! Alors que dans ce système  d’analyse matérialiste  de rapports de sexes sociaux,  ce sont toujours eux les dominants, les oppresseurs (à croiser avec d'autres systèmes d’oppressions), qui ont des privilèges au détriment d'autres et ne veulent pas les abandonner!

Bref je ne dirais qu'une chose à cette galeriste, pour qui, je n'ai aucune agressivité, la norme me fait violence tous les jours et ma réponse à cette norme qui me violente est la seule réponse que je puisse apporter entre autres tout en impliquant les gentes qui co-produisent sans le savoir, ces normes. Oui, une exposition multimédias qui met à jour les processus de fabrication des hommes et des femmes trans tout comme sont fabriquéEs les hommes et femmes Cis, qui montre la violence de ceulles qui "nous soignent" ( oui les trans sont toujours des malades mentalEs!), qui montre les représentations véhiculées par les médias avec la même approche que celle du biopouvoir (en même temps , c'est logique), qui vous mets sous le nez un système parmi tant d'autres que vous continuez à re, et co produire est violente pour les personnes qui font les normes! Et ce système que je dénonce, je l'applique à des personnes cis, pour qu'elles puissent, à minima, capter l'ampleur de a violence, des révoltes légitimes, de la nécessité de lutter, de la nécessité de se battre ensemble contre tous les systèmes d'oppressions.....qui sont invisibilisées par des régimes politiques qui fonctionnement très bien et nous formatent à ne jamais questionner les évidences! Alors que ce sont justement les premières choses à questionner!
 Interrogez vous sur les vies que les violences des normes cautionnées par l'état et la médecine peuvent fracasser, amputer, invisibiliser, nier...???


Après quelques négociations et les efforts d'une personne de polychromes, l'exposition a été montée correctement avec ses médias depuis hier mercredi 26/09. le vernissage ayant eu lieu le samedi 21 avec seulement le titre et les images.......

Ce billet de blog est rédigé rapidement, car j'ai déjà passé trop de temps à discuter de qui nomme la violence, qui décide ce qui est violence ou pas, qui fait et re et co produit les normes et que ce n'est pas un caprice de pseudo artiste ( je ne me définis pas comme cela ) de juste vouloir que ce travail ne donne pas lieu à des lectures contre productives qui ajouteraient une violence de plus aux personnes concernées.

Quelques photos de l'exposition seulement avec le titre et les photos:

photo_ENSEMBLE_1_INSTALLATION.jpg
INSTALLATION_1_NICE.jpg

Quelques photos de l'installation 2  que vous pouvez désormais voir à l'atelier 17 à Nice jusqu'au 5 octobre

ENSEMBLE_2_INSTALL.jpg
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vendredi, mars 2 2012

« Désa-corps : Corps non-normés » Février 2012/ photo 2:As a sissy boï, as a fem,..../ a-Normal-E

2_AS_A_SSISY_BOI_AS_A_FEM.a-normal-E_WEB.jpg

As a sissy boï, as a fem,..../ a-Normal-E

texte ici

http://blog.naiel.net/index.php?post/2012/03/02/Participation-au-concours-photo-th%C3%A8me-%3A-%C2%AB-D%C3%A9sa-corps-%3A-Corps-non-norm%C3%A9s-%C2%BB-F%C3%A9vrier-2012/-texte-et-photo-1%3A-nor-m%C3%A2le/-nor-mal-e/a-normal-E

« Désa-corps : Corps non-normés » Février 2012/ texte et photo 1: nor-mâle/ nor-mal-e/a-normal-E

1_nor male- nor-mal-e  a-normal-E

Normâle/nor-mal-e/ a-normal-E

                                                                                           Désa-corps/corps non normés

                                                                                            désa-corps?.. Avec qui ? Avec quoi?

                                                                                       Corps non normés?.. Le corps? Les normes?


Le corps n'est pas un fait donné d'emblée. Il n'y a pas d'ontologie au corps. Il est une production historique dans une société donnée et à un moment donné. ( Il en va de même pour le concept de corps sexué ou genré, les deux concepts ayant tendance à se confondre et à se superposer par la naturalisation de l'un par l'autre; le genre produit le sexe et non l'inverse).
On peut retrouver les étapes de la fabrication du corps sexué dans les sciences médicales notamment qui ont produit certains savoirs situés , qui ont donné lieu à des discours sur le corps , et qui ont fabriqué ce concept tout en l'invisibilisant par un processus de naturalisation.
Il n'en est de meilleur exemple que les crises répétées de ces concepts ( mais présentés comme faits de nature) à travers le temps et l'acharnement déployé par les discours dominants pour les maintenir à tout prix; qui ne montre rien de plus qu'une volonté de maintenir un système politique de production et de régulation des corps par un groupe dominant sur des groupes dominés ( la recherche médicale incessante pour déterminer le "vrai sexe" d'un-e indivu-e et qui est toujours tenue en échec, la non divulgation des recherches qui invalident la différentiation et la supériorité par nature de la classe des hommes sur celle des femmes et de touTEs ceulLEs qui ne sont pas des "vrais hommes" blancs et hétérosexuels,...).
On peut assez rapidement dire qu'en ce qui concerne le corps sexué ou genré, que  les savoirs et discours dominants ont produit une norme de corps genré comme fait de nature:notre société fabrique des corps genrés ( sexués):elle fabrique des hommes et des femmes. Le sexe est un des premiers marquage du corps produit par le concept de sexe.et qui vient révéler celui-ci....

Chaque personne, pour advenir en tant que sujet, a été fabriqué par ces normes en tant que corps sexué (genré) entre autres. Bref ,votre corps ( produit par des normes, façonné par le concept de sexe,...) vient  par un fabuleux tour de passe passe dire le sexe ( qui a produit des corps sexués)...un peu étrange de prendre un effet pour cause, non?

Et, il arrive que parfois, la machine à fabriquer du genre fabrique des "ratés du genre".De sublimes ratés du genre qui viennent littéralement mettre à nu toute cette production invisibilisée du genre et des corps sexués, ces faits de nature si évidents et immuables!
Parce qu'à partir du moment où les concepts de genre, de sexe de corps qui se produisent et s'entrecroisent mutuellement sont des normes, on peut les contester, produire d'autres corporalités qui viennent mettre en péril les discours dominants. Ces corporalités si déviantes qu'elles doivent être réprimées et régulées,  ( comme le sont les corps trans , les corps des femmes...).

Ces photos montrent le point de vue d'un-e sujet-e a/normalE, déviant-e, qui fabrique sa corporalité comme un outil de contestation des normes de genre et de corps. D'habitude, les anormalEs sont toujours appréhendé-e-s comme objet de savoir par les expert-e-s des groupes dominants et n'accèdent au statut de sujet que s'ilLEs sont régulé-e-s et re-fabriquéEs par les groupes dominants pour maintenir et parfois renforcer les normes ( ou le discours dominant).
Ici , plus précisément , c'est le regard d'une corporalité trans-formée, volontairement, d'une corporalité en dé/re-construction , en dé/re-signification qui interroge les normes de genre qu'on lui demande de performer pour accéder au statut de sujet. ( photo 1).

Et parce que, bien qu'on puisse  refuser les assignations et réassignations continues au genre et refuser l'injonction qui les précède , on ne peut s'y soustraire complètement, il est vital de produire des re-significations diverses qui continuent à mettre en crise le genre et ses représentations. Celles ci sont multiples, variables suivant l'espace /temps et surtout demeurent de l'ordre de l'impensable; car ne pouvant être appréhendées que par la grille de lecture ( fournie par les dominants) binaire du genre. ( photo 2).

Alors, s'il existe un quelconque désa-corps, il est social et politique et non privé et personnel: il est entre la production naturalisée des hommes et des femmes et des corporalités issues de l'échec de cette fabrique...Des a/corps,  qui en s'appropriant les moyens de production du genre, viennent désa-ccorder la partition hégémonique du genre qui voudrait rythmer nos vies.
                                
Naïel, 23/02/2012

Participation au concours photo thème : « Désa-corps : Corps non-normés » Février 2012

 Le concours photo de la Queer Week 2012 !

Sur le thème : « Désa-corps : Corps non-normés »

La Queer Week est la semaine de réflexion sur le genre et les sexualités. Elle a pour objectif d'interroger la norme, le discours dominant : la photographie est un espace d'expression et de résistance qui permet alors d'exprimer une facette plus intime de ce qui sera débattu lors des conférences.

Envoyez vos photos à : concoursphotoqw@gmail.com
En haute-définition et au format 20x25 si possible. Si vous ne disposez que d'une version papier, contactez-nous en amont.

***Date-limite d'envoi des photos : 25 février.***

Le gagnant sera annoncé sur la page Facebook Queer Week Sciences Po et les finalistes seront exposé-e-s durant la Queer Week, au 13 Rue de l'université, alors n'hésitez pas à nous soumettre vos photos!

Les membres du Jury sont : Massimiliano T. Rezza (président du Jury), René-Jacques Mayer, Olivier Vigneaux, 2Fik et Kashink.

Prix: deux places pour le Rocky Horror Show des Sweet Transvestites au Studio Galande et une publication sur le blog de la revue L'Imparfaite: http://www.limparfaite.com/blog/


Une même personne peut soumettre plusieurs photos (10 max). Il est recommandé de présenter votre travail en quelques lignes. Contenu, forme... Soyez libres! Soyez Queer!


***Concours Ouvert à tous, étudiants de Sciences Po et Queers d'ailleurs.***
https://www.facebook.com/events/331977330160831/


Anonymat: à votre demande, nous pourrons exposer votre photo anonymement. Votre nom n'apparaîtra que sur le compte gmail de la Queer Week, qui sera supprimé à la fin du concours, mais ne sera communiqué à personne, même pas au jury.